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	<title>VIARGE! - Éditoriaux Archives - FRANCOISE STEREO</title>
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		<title>Éditorial: La maison brûle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2020 01:20:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[14 Les maisons]]></category>
		<category><![CDATA[NOUVELLES]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE COLLECTIF Illustration: Virginie Larivière &#160; Rien de tout ceci ne serait arrivé avec un numéro sur les animaux Une gérante d’estrade anonyme &#160; Au moment de lancer l’appel de textes, on ne se doutait pas de la résonance particulière qu’un numéro sur les maisons prendrait. Fucking pandémie. La crise sanitaire a révélé au grand [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="/wp-content/uploads/2020/10/Retailles.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4663" src="/wp-content/uploads/2020/10/Retailles.jpg" alt="" width="960" height="960" srcset="/wp-content/uploads/2020/10/Retailles.jpg 960w, /wp-content/uploads/2020/10/Retailles-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2020/10/Retailles-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2020/10/Retailles-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2020/10/Retailles-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2020/10/Retailles-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></a></h2>
<h2></h2>
<h2 style="text-align: right;">LE COLLECTIF</h2>
<p>Illustration: Virginie Larivière</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #33cccc;"><em>Rien de tout ceci ne serait arrivé avec un numéro sur les animaux </em></span></p>
<p style="text-align: right;"><span style="color: #33cccc;"><em>Une gérante d’estrade anonyme</em></span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au moment de lancer l’appel de textes, on ne se doutait pas de la résonance particulière qu’un numéro sur les maisons prendrait. Fucking pandémie.</p>
<p>La crise sanitaire a révélé au grand jour à ceux et celles qui refusaient de les voir auparavant les profondes inégalités de notre monde. Non pas que ces inégalités soient inédites : les organismes communautaires et les professionnel.les de la santé, qui crient dans le désert depuis des décennies les impacts du démantèlement des services publics et des politiques d’austérité, peuvent ben être insulté.es de la surprise apparente des Legault de ce monde.</p>
<p>Avoir su, on aurait aimé orienter ce thème des maisons pour mieux documenter les intersections de vulnérabilités, d’oppressions, et d’abandons, de contamination et de morts vécues dans nos maisons plus ou moins confinées au cours des derniers mois. Mauvais timing. Et comme la pandémie exacerbe tout ce qui est laitte, le manque de diversité des voix dans <em>Françoise Stéréo</em> est d’autant plus criant, comme notre insuffisance à donner la parole aux femmes les plus marginalisées et invisibilisées.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>La pandémie a mis en évidence l’importance de nos liens sociaux. Le capitalisme dépend, pour sa survie, de l’organisation collective des soins aux plus vulnérables. Une autre chose qu’on savait déjà, mais pas assez faut croire. Qui peut travailler 40 heures par semaine en plus de prendre soin de ses parents, de ses enfants ? Que se passe-t-il lorsque les bénévoles ne peuvent plus donner leur temps ?</p>
<p>Avant, quand on voulait ou qu’on devait rester un peu à la maison, pour pouvoir s’occuper des personnes qui y vivent (ou de la dite maison), on devait accepter des boulots à temps partiel, souvent non qualifiés, mal payés. Avec le confinement, on a bien vu que le secteur tertiaire et les milieux « professionnels » pouvaient très bien fonctionner avec des employé.es en télétravail, un accommodement que les parents, les personnes en situation de handicap ou souffrant de maladies chroniques se sont longtemps fait refuser. On s’est dit : bon, enfin, on va avoir un peu de souplesse. Les expert.e.s s’entendent : c’est là pour rester. Nous sommes aussi plusieurs à nous être réjouies d’avoir enfin rendu visible la permanence du rôle de parent ou d’aidant naturel, qui ne s’arrête pas parce qu’on a mis les pieds dans son cubicule.</p>
<p>Dans le meilleur des cas, la pandémie, et surtout le confinement, ont permis des formes radicales d’imaginaire et d’espoir. Quand tout arrête, tout redevient possible. On a ressenti l’absurdité de nos grandes étendues d’asphaltes soudainement vides de chars parechoc à parechoc, accompagnée de l’émotion en Inde de voir les sommets de l’Himalaya pour la première fois depuis des décennies dû à la diminution de la pollution de l’air. On a porté attention aux manifestations de solidarité autour de nous, nées de la base, et qui illustrent une fois de plus que les maisons – les familles, les groupes, les collectivités, les communautés – ont toujours pris soin les unes des autres, en parallèle et souvent malgré les politiques et pratiques étatiques.</p>
<p>Mais le capitalisme est ben maudit, dans sa capacité de toujours se réinventer, de pousser les personnes à la limite de leur résilience, et de mobiliser cette résilience à ses propres fins – accélérer la production, l’accumulation, la sacro-sainte croissante économique. Comme de fait, les chanceux.ses des milieux jugés non-essentiels, jouissant d’une certaine sécurité financière, ont pu prendre deux-trois semaines pour rêver à un monde meilleur, entre deux crises de panique. Ensuite, les attentes de productivité à tout prix sont revenues au galop.</p>
<p>Pourquoi prendre un congé ou réduire ses heures pour prendre soin, alors qu’on a montré au printemps qu’on pouvait donner le meilleur à son employeur et garder tout le monde en vie en même temps ?</p>
<p>Ben non, on n’a pas gardé tout le monde en vie, voyons. C’était une joke ! Les vieux sont morts (seul.e.s), leurs soignant.e.s aussi, ces « anges-gardiens » aux statuts migratoires précaires, exploité.es par des agences de placement, avec la bénédiction de nos gouvernements provinciaux et fédéraux. Merci pour tout han. Parfois aussi, les personnes qui nous servent à l’épicerie, se sont exposées à nos crachats et à notre arrogance. Sans parler des travailleurs migrants saisonniers qui sont venus contracter le virus ici.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>À travers tout ce temps trouble et, on va se le dire, démoralisant, ce numéro sur les maisons s’est construit lentement. Quelques-uns des textes documentent les impacts différenciés du confinement sur des êtres et personnes marginalisées, souvent oubliées des soi-disant largesses publiques : les animaux (<a href="/animaux-domestiques-contexte-de-covid-19/" target="_blank" rel="noopener">Maryse Martel</a>), les femmes survivantes de violence (<a href="/violence-conjugale-maisons-dhebergement/" target="_blank" rel="noopener">Linh Nguyen</a>), les étudiant.es étranger.ère.s (<a href="/confinement-residence-etudiante-temoignage/" target="_blank" rel="noopener">entrevue</a>), les personnes itinérantes (<a href="/le-tournis/" target="_blank" rel="noopener">Lux</a>), et celles qui se tapent la continuité invisible du monde (<a href="/dessine-moi-maison-te-dirai/" target="_blank" rel="noopener">Capucine Coustere</a>).</p>
<p>Les autres textes, la majorité, nous rappellent que la pandémie n’a pas toujours été, et ne sera pas toujours. Un jour on va sortir de cette crise, et retrouver le monde qu’on a délaissé, avec les nouveaux éclats, pots cassés, et traumatismes de la COVID. Ces textes, qui ne traitent pas de COVID, qui datent d’avant la COVID, nous rappelle la continuité du monde. Déployés à différentes échelles, ils explorent diverses facettes de nos maisons : nos corps (<a href="/poids-de-maison/" target="_blank" rel="noopener">Typhaine Leclerc-Sobry</a>, <a href="/speakeasy/" target="_blank" rel="noopener">Juliette Bernatchez</a>), nos intimités (<a href="/138-2/" target="_blank" rel="noopener">Anne-Christine Guy</a>, <a href="/lui-et-les-enfants/" target="_blank" rel="noopener">Licia Canton</a>, <a href="/cest-une-plaie/" target="_blank" rel="noopener">Isabelle Ayotte</a>, <a href="/derriere-maison-profil-papillon-lune/" target="_blank" rel="noopener">Kim Renaud-Venne</a>), nos milieux de vie (<a href="/habitante/" target="_blank" rel="noopener">Anick Arsenault et Nathalie Dion</a>, <a href="/geometrie-du-silence/" target="_blank" rel="noopener">Stéphanie Filion</a>, <a href="/grand-cahier-maisons-abandonnees/" target="_blank" rel="noopener">Estelle GB</a>, <a href="/ma-maison/" target="_blank" rel="noopener">Suzanne Vallières-Nollet</a>), nos histoires de migrations, de déchirements et d’émerveillement (<a href="/home-is-not-home-is-home/" target="_blank" rel="noopener">Clémence Gachot-Coniglio</a>, <a href="/lavenir-grandma-moi/" target="_blank" rel="noopener">Clara Lagacé</a>, <a href="/y-aura-chose-metonymies/" target="_blank" rel="noopener">Romaine Cauque</a>), nos couples et nos familles (<a href="/aut-40-a-hauteur-boul-brien/" target="_blank" rel="noopener">Mathilde Constant-Joannin</a>, <a href="/ce-qui-meurt-par-mes-absences/" target="_blank" rel="noopener">Sarah-Jane Ouellet</a>), et nos luttes collectives (<a href="/brune-maman-racisme-bouche-enfants/" target="_blank" rel="noopener">Deepa Pureswaran</a>, <a href="/droit-logement-droit-feministe/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Ève Duchesne</a>, <a href="/chroniques-dabandons-documenter-scolarisation-partielle-parcellaire-enfants-autistes/" target="_blank" rel="noopener">Laurence Simard</a>, <a href="/quebec-ville-coloniale/" target="_blank" rel="noopener">Laurence Simard et Benoit Lalonde</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Virginie Larivière nous a fait l’honneur de nous prêter ses illustrations pour accompagner les textes de ce numéro. Détournement de couvertures de livres, issues d&rsquo;un projet né en confinement, ces images-pirates résonnaient trop bien avec les idées évoquées dans les contributions reçues.</p>
<p style="text-align: center;">***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pendant que la Californie brûle et que la possibilité d’une guerre civile aux États-Unis devient de plus en plus envisageable, pendant qu’une deuxième vague encore plus épuisante et angoissante que la première déferle sur nos têtes, pendant qu’une femme autochtone meurt sous les insultes racistes, qu’on refuse de reconnaître l’existence du racisme systémique, et que le drapeau des patriotes défile aux côtés d’affiches de Q-Anon et de casquettes MAGA, pendant les vagues de dénonciation de violences sexuelles se suivent (et se ressemblent), alors qu’une catastrophe chasse l’autre dans les journaux, permettez-nous de ressentir un léger épuisement.</p>
<p><em>Françoise Stéréo</em>, c’est un collectif. La revue, c’est un peu comme notre maison. Depuis l’été 2013, saison de nos premières réunions de cuisine, nous avons essayé de construire un lieu accueillant, animé, et plutôt bien décoré. Nous qui travaillons habituellement dans la joie, nous devons nous l’avouer : l’année 2020 nous a rentré dedans. Il faut dire que les années précédentes n’ont pas été plus tranquilles : des déménagements, des séparations, des naissances, un mariage, des deuils, la maladie, une thèse, des changements d’emploi, et plein d’autres projets militants, sans parler d’une adoption de pitbull….</p>
<p>Ça fait que depuis quelques numéros, on a l’impression d’avoir juste le temps de faire la vaisselle avant que la visite arrive. On a besoin de vacances, mais surtout de temps pour travailler sur les fondations. On vous annonce qu’on prend une pause et que ce numéro sera le seul de l’année 2020. On se retrouve quelque part en 2021 ou en 2022. D’ici là, on publiera un peu sur le blogue et on partagera avec vous des textes des anciens numéros qui n’ont pas eu l’écho qu’ils méritaient. Et on vous souhaite le meilleur.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ciao, on s’en va au chalet !</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Pour la suite du monde, qu’y disaient</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2019 16:15:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[13 La transmission]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE COLLECTIF Illustration: Catherine Lefrançois &#160; Pour ce numéro, nous nous sommes prêtées au jeu d’un thème avec contraintes, c’est-à-dire qui s’insérerait dans le thème plus vaste du festival Québec en toutes lettres, Pour la suite du monde. Évidemment, nous avons tout de suite pensé à Pierre Perrault et Michel Brault, à leurs pêcheurs de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="/wp-content/uploads/2019/10/Cadeau.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-4426" src="/wp-content/uploads/2019/10/Cadeau.png" alt="" width="1000" height="667" srcset="/wp-content/uploads/2019/10/Cadeau.png 1000w, /wp-content/uploads/2019/10/Cadeau-300x200.png 300w, /wp-content/uploads/2019/10/Cadeau-768x512.png 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></h2>
<h2 style="text-align: right;">LE COLLECTIF</h2>
<p>Illustration: Catherine Lefrançois</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour ce numéro, nous nous sommes prêtées au jeu d’un thème avec contraintes, c’est-à-dire qui s’insérerait dans le thème plus vaste du festival Québec en toutes lettres,<em> Pour la suite du monde. </em>Évidemment, nous avons tout de suite pensé à Pierre Perrault et Michel Brault, à leurs pêcheurs de L’Isle-aux-Coudres, à la beauté et la poésie des images, pas tout à fait suffisantes pour endormir un agacement de féministes rabat-joie par rapport aux regards masculinisants et romantisants des documentaristes.</p>
<p>Qu’allait-on pouvoir faire d’un tel thème? Comment le réaborder avec une lunette féministe, antioppressive, axée sur l’expressions de vécus et de témoignages multiples, et ouvrant des possibilités vers une plus grande justice sociale?</p>
<p>Nous avons finalement choisi le mot « transmission », pour la multiplicité des sens et images qu’il évoque. Transmettre implique fabriquer une continuité, la perduration de <em>quelque chose</em>, aussi vaste ce quelque chose puisse-t-il être. Avec un thème aussi ouvert, nous mettions toutes les chances de notre côté pour être surprises par les textes que nous recevrions. Cette logique et cette démarche représentent, en elles-mêmes, un acte de transmission.</p>
<p>La transmission implique inévitablement une reproduction sociale; un processus et un travail ancrés dans des dynamiques genrées complexes et entremêlées, la plus évidente et tangible étant peut-être la répartition inégale des tâches de reproduction selon le genre, ainsi que selon la racisation et les ressources économiques.</p>
<p>À toutes les échelles, la transmission est intrinsèquement politique, porteuse et reproductrice de systèmes socioéconomiques, eux-mêmes entrelacés de multiples relations inégales de pouvoir. Comme le note la géographe féministe Cindy Katz, « social reproduction is vexed because, almost by definition, it is focused on reproducing the very social relations and material forms that are so problematic. Social reproduction is precisely not ‘revolutionary’ and yet so much rests on its accomplishments » (Katz 2001, 718). Transmettre implique réitérer les avantages injustes et les oppressions des un.e.s et des autres. Ce qui est transmis repose sur une participation inégale, le sentiment de légitimité et de crédibilité artificiellement enflé des uns et la remise en question de la validité des autres. Comme pour chaque numéro, plusieurs de nos autrices amorcent leur intervention par un questionnement quant à la pertinence de leur propos, et l’inquiétude de prendre une parole qui pourrait être mieux utilisée par d’autres.</p>
<p>Également significativement, ce qui est transmis occulte activement une pluralité de voix, muselées ou étouffées par l’indifférence, l’abandon, et la difficulté (voire l’impossibilité) de poursuivre les conditions de sa propre continuité et survie, ne serait-ce que jusqu’au lendemain. La perte de ces voix est accentuée par notre contexte de dégradations environnementales accélérées, de crises migratoires, et d’exacerbation des conflits armés meurtriers à travers le monde. Dans notre cour, la transmission est aussi modulée par la domination économique et morale du néolibéralisme, et par la montée des discours et actes violents : racistes, sexistes, et liberticides, entres autre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dans certains textes, la transmission est abordée du point de vue de la transmettante, de celle qui ne sera plus là. Transmettre implique un abandon inéluctable, teinté de l’espoir timide, mais tenace de la vie qui continue, porteuse de possibilités et d’horizons nouveaux malgré tout. C’est l’acte de laisser aller le flambeau à la génération qui vient, ou aux autres après; c’est le legs de nos luttes à celles et ceux qui suivront lorsque notre énergie se sera épuisée – entre autres pour leur permettre de venir au monde et de grandir (<a href="/?p=4222&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Valérie Lefebvre-Faucher</a>, <a href="/?p=4199&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Anne-Marie Rébillard</a>, <a href="/?p=4240&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Emmanuelle Lescouet</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’acte de transmettre ressort comme nécessairement collectif, déployés dans des rencontres et parcours enchevêtrés, à travers la famille et d’autres systèmes de filiation. La transmission inscrit des identités, appartenances, et pratiques dans des façons collectives d’être dans le monde – de <a href="http://www.editions-rm.ca/livres/faire-partie-du-monde/" target="_blank" rel="noopener">faire partie du monde</a> (<a href="/?p=4201&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Typhaine Leclerc Sobry</a>, <a href="/?p=4226&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Catherine Voyer-Léger</a>, <a href="/?p=4259&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Édith Pineault</a>, <a href="/?p=4263&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Marie-Hélène Voyer</a>, <a href="/?p=4272&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Tintanar</a>, <a href="/?p=4419&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Kaveh Ghoreishi</a>, <a href="/?p=4311&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Gabrielle Morin</a>). À travers et au-delà de nous, elle reproduit également des systèmes d’oppression, d’exclusion et de marginalisation, que ce soit la masculinité toxique (<a href="/?p=4320&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Nicholas Giguère</a>, <a href="/?p=4324&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Patriarcalin</a>), l’hétéronormativité (<a href="/?p=4267&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Marie-Michèle Rheault</a>), ou le racisme et l’insensibilité (<a href="/?p=4322&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Sébastien Huot</a>). La crise climatique, qui recadre de plus en plus les horizons de nos possibilités, accentue la reproduction d’inégalités entrecroisées (<a href="/?p=4279&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Benoit Lalonde</a>, <a href="/?p=4314&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Naélie Bouchard-Sylvain</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les textes mettent également en lumière les aspects performatifs de la transmission, qui passent par une création et une mise à l’avant de certains savoirs (<a href="/?p=4235&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Catherine Ferland</a>, <a href="/?p=4230&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Anne-Christine Guy</a>, <a href="/?p=4237&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Solène Tanguay</a>, <a href="/?p=4290&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Hélène Matte</a>, et <a href="/?p=4209&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Isabelle Arsenault, Audrey Groleau et Chantal Pouliot</a>). Ces performances évoquent un rapport téléologique au temps; un appel vers un moment futur où les savoirs transmis se déploieront, collectivement ou chez des individus, particulièrement nos enfants (<a href="/?p=4214&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Marie-Noëlle Béland</a>). Ce rapport au temps est réappréhendé (<a href="/?p=4220&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Magenta Baribeau</a>), notamment à travers des perspectives et temporalités queers (<a href="/?p=4217&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Charlotte Desplats</a>).</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La transmission, finalement, nous ramène à notre relation au présent (<a href="/?p=4196&amp;preview=true" target="_blank" rel="noopener">Anne-Marie Desmeules</a>). Dans les mots d’Annie Dillard, « how we spend our days is, of course, how we spend our lives ».</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>***</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comme d’habitude, plusieurs aspects du thème sont omis dans ce numéro. Ce silence est le produit de qui nous sommes et, plus significativement, qui nous ne sommes pas, et à qui nous échouons à ouvrir la parole. Parmi ces omissions, une notable est celle de la migration. Nous n’avons pas non plus traité adéquatement du racisme de plus en plus décomplexé dans nos vies, et qui s’est invité sans vergogne comme joueur important dans la dernière campagne électorale.</p>
<p>Nous concluons en soulignant le travail incroyable de Catherine Lefrançois, notre talentueuse Françoise, qui a créé l’ensemble des illustrations de ce numéro.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Éditorial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Apr 2019 12:57:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[11 La nourriture]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LAURENCE SIMARD  Pour le collectif Françoise Stéréo Illustration: Catherine Lefrançois Ce numéro, comme tous les numéros à ce jour, a été échafaudé autour de multiples tablées, où se sont côtoyés chips, salades de tomates wannabe fancées, tites tisanes, Pabst, bières de microbrasseries de hipster de Limoilou à Julie, œufs Cadbury à Pâques (on est laïques [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2><a href="/wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3850" src="/wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet.png" alt="" width="1000" height="1667" srcset="/wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet.png 1000w, /wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet-180x300.png 180w, /wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet-768x1280.png 768w, /wp-content/uploads/2019/04/Pate-au-millet-614x1024.png 614w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></h2>
<h2></h2>
<h2 style="text-align: right;"></h2>
<h2 style="text-align: right;"><span style="font-size: 18pt;">LAURENCE SIMARD </span></h2>
<h4 style="text-align: right;">Pour le collectif Françoise Stéréo</h4>
<p>Illustration: Catherine Lefrançois</p>
<p>Ce numéro, comme tous les numéros à ce jour, a été échafaudé autour de multiples tablées, où se sont côtoyés <em>chips</em>, salades de tomates <em>wannabe</em> fancées, tites tisanes, Pabst, bières de microbrasseries de hipster de Limoilou à Julie, œufs Cadbury à Pâques (on est laïques de même), et bulles la fois que Laurence a fini son doc.</p>
<p>Tôt ou tard, la nourriture devait inévitablement nous sembler un thème prometteur parce qu’aussi simple que complexe, et transcendant une infinité d’échelles, du gras de <em>popcorn</em> que nos doigts laissent sur les pauvres touches de nos ordis alors que nous tapons ces lignes jusqu’aux systèmes socioéconomiques globaux à travers lesquels sont mis en relation production et transformation de nourriture et « mangeurs et mangeuses » (l’expression est de Geneviève Laroche).</p>
<p>***</p>
<p>La nourriture, de sa genèse à son mangeage, est inextricablement inscrite dans des relations sociales de pouvoir, produisant nécessairement des axes multiples et interconnectés d’inégalités et d’oppression. Ces inégalités sont au centre des préoccupations de <a href="/la-justice-alimentaire-de-la-militance-a-la-recherche-universitaire/" target="_blank" rel="noopener">Geneviève Laroche et de l’équipe de l’École d’été en justice alimentaire</a>, pour qui le concept se réfracte dans un éventail complexe et parfois contradictoire de phénomènes, de la situation économique périlleuse des productrices et producteurs agricoles aux implications racistes et classistes de la géographie de l’offre alimentaire. <a href="/mange-ta-main/" target="_blank" rel="noopener">Virginie Larivière, co-porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté</a>, met l’accent sur les inégalités économiques autour de l’accès à la nourriture. Elle s’emploie à démanteler des préjugés tenaces sur les vécus des personnes en situation de pauvreté, trop souvent dépeintes autour d’images simplistes, et sujettes aux discours moralisateurs et paternalistes des individus les mieux nantis.</p>
<p>Dans notre système économique actuel de capitalisme effréné, la consommation et la production de nourriture participent au phénomène plus vaste de la dégradation environnementale, voire des possibilités de continuité du vivant. <a href="/mon-blendeur-considerations-sur-le-zero-dechet-et-labandon/" target="_blank" rel="noopener">Laurence Simard</a> décrit la gestion de la nourriture et de ses déchets comme étant inscrite dans un ensemble de pratiques visant à maintenir la vie, rendues de plus en plus difficiles par les valeurs dominantes d’individualisme du néolibéralisme.</p>
<p>Comparant la fatigue du zéro déchet à celle de la maternité intensive, le texte de Laurence résonne avec celui de <a href="/les-meres-ne-cuisinent-pas-elles-font-a-manger/" target="_blank" rel="noopener">Suzy Boudreau</a>, qui nous propose une réflexion sur le traitement social de la préparation de nourriture par les femmes, et particulièrement les mères. Ancrée dans son vécu, l’autrice explore le rôle social attribué à la cuisine des mères, entre responsabilité et invisibilité, loin de toute reconnaissance culturelle.</p>
<p><a href="/la-bouffe-de-chez-nous/" target="_blank" rel="noopener">Zishad Lak</a>, quant à elle, s’attaque aux dynamiques racistes projetées dans notre rapport à la nourriture. Elle raconte certaines de ses rencontres avec des attentes sociales, de la part d’ami.e.s et de collègues blanc.he.s, de performance d’exotisme ou d’abjection liée à sa propre consommation et préparation de nourriture. Elle décrit comment ces attentes renforcent et réaffirment sa marginalisation en tant que personne racisée – et donc « autre » – par rapport à une normalité (ou normativité) de citoyenneté, celle-ci inévitablement blanche.</p>
<p>La nourriture est également site de contrôle social et institutionnel (on n’a qu’à penser aux multiples défis du genre « moi je mange (ci ou ça) » dont les écoles québécoises sont si friandes). Se basant sur son expérience de régime à faible teneur en iode en préparation d’un traitement pour un cancer de la thyroïde, <a href="/iode-131/" target="_blank" rel="noopener">Catherine Lefrançois</a> met en lumière la combinaison de surveillance et d’opacité dans les pratiques des équipes médicales, menant à une impuissance fabriquée des patientes et patients. Son propos fait écho à celui de <a href="/ya-plus-rien-qui-goute-bon/" target="_blank" rel="noopener">Marie-Michèle Rheault,</a> qui dénonce les impacts sur sa relation à la nourriture de la violence institutionnelle (du médecin à l’avion) contre les personnes grosses. Le <em>glamour</em> de la nourriture, faisant briller les couvertures des revues de files d’attente aux caisses d’épicerie, repose lui aussi sur des dynamiques de contrôles et d’oppression : classiste (Virginie Larivière), mais également grossophobe, comme le notent <a href="/la-bonne-gourmandise/" target="_blank" rel="noopener">Mickaël Bergeron</a>, Marie-Michèle Rheault et <a href="/le-carburant-le-poison/" target="_blank" rel="noopener">Valérie Forgues</a>.</p>
<p>La nourriture évoque des relations complexes à la filiation. Puisant dans leurs propres vécus, <a href="/des-ordres/" target="_blank" rel="noopener">Typhaine Leclerc-Sobry</a>, <a href="/autobiographie-alimentaire/" target="_blank" rel="noopener">Noémie GB</a>, et Zishad Lak décrivent chacune à leur façon la nourriture comme un vecteur puissant de transmission de bagage familial et culturel, réactivant des relations complexes, tissées d’affection, mais aussi de malaises, de douleurs, voire carrément de violence.</p>
<p>La nourriture est une sphère profondément privée. L’action de manger est individuelle, en ce qu’elle réaffirme l’unité de notre corps (c.-à-d. qu’on mange généralement pour se nourrir soi-même), renforçant par là une perspective individualisante de l’être humain comme une entité finie, séparée du reste du monde. (Les cas qui défient cette perspective sont souvent associés aux femmes [la grossesse, l’allaitement], servant par là le bon vieil argument comme quoi l’autonomie et la rationalité nécessaires à la citoyenneté libérale ne sont véritablement accessibles qu’aux hommes).</p>
<p>La nourriture nous rapporte au corps, au plus creux de notre intimité, et nous rappelle du même coup que notre perception de nous-mêmes, aussi secrète et partielle soit-elle, demeure teintée de normes et d’impératifs souvent toxiques. C’est ce que soulignent les textes de Noémie GB, <a href="/un-autre-journal-de-calories/" target="_blank" rel="noopener">Noémie Dubé</a>, Valérie Forgues, Marie-Michèle Rheault, et Mickaël Bergeron. Le récit de <a href="/lodeur-de-lavoine/" target="_blank" rel="noopener">Catherine Anne Laranjo</a> évoque quant à lui le goût et l’odeur de la nourriture, qui nous renvoient à des lieux et des moments, souvent passés ou absents, mais toujours latents dans notre imaginaire et notre rapport au monde.</p>
<p>***</p>
<p>La nourriture est un sujet immense qui touche à l’ensemble des sphères de l’existence. Les textes publiés ici ne soulèvent que quelques-unes de ses implications : celles, peut-être, les plus évidentes pour nous, le collectif d’édition, de notre point de vue trop homogène de gang de femmes ben intéressantes et funnées, mais néanmoins toutes cis, blanches, universitaires, dans la trentaine, plus ou moins hétéros et jouissant d’une bonne dose de privilèges et de reconnaissance sociale et culturelle.</p>
<p>Nous aurions aimé lire des expériences de banques alimentaires, de paniers de Noël, et de frigos collectifs. Et quelles sont les implications du projet de monnaie locale <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1161539/monnaie-locale-saint-roch-quebec-precarite-financiere" target="_blank" rel="noopener">Entrai-dons</a> dans le quartier Saint-Roch, un genre d’argent Monopoly que les bonnes genses pourront distribuer aux personnes « défavorisées » avec le confort de savoir que ces dons seront utilisés « à bon escient », puisqu’ils ne peuvent être échangés que dans certains commerces contre certains biens, excluant le tabac et l’alcool?</p>
<p>Comment réarticuler notre rapport à la nourriture par rapport aux considérations combinées d’éthique animale et environnementale?</p>
<p>Le régime cétogène mène-t-il inévitablement à une épouvantable constipation, comme le soupçonnent les Françoise les plus rabat-joie?</p>
<p>QUI est véritablement derrière Ricardocuisine, a.k.a <a href="https://www.facebook.com/pages/category/Writer/Passif-agressif-Ricardo-794923247279543/" target="_blank" rel="noopener">Passif-agressif Ricardo</a>, des sections commentaires de ses recettes?</p>
<p>Les absences dans ce numéro, et dans l’ensemble de la revue, reflètent certainement nos propres angles morts, et notre insuffisance à aller chercher d’autres voix.</p>
<p>***</p>
<p>Les superbes illustrations qui accompagnent les textes sont l’œuvre de notre Françoise Catherine Lefrançois.</p>
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		<title>Nous, madames; nous, matantes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Dec 2018 04:28:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[10 Madame/Matante]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LAURENCE CÔTÉ-FOURNIER Illustration : Nadia Morin « Désolé de ne pas avoir été/à la hauteur de tes attentes, matante », lance un Jean Leloup pour le moins sarcastique sur l’album Mille excuses Milady. Dans cette chanson, proclamation de solidarité avec « tous les insoumis », la matante incarne le conformisme, la famille bienveillante, mais confuse devant les folies de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h3 style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3684" src="/wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes.png" alt="" width="1500" height="2220" srcset="/wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes.png 1500w, /wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes-203x300.png 203w, /wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes-768x1137.png 768w, /wp-content/uploads/2018/12/Laurence-Fournier_Nous-madames-nous-matantes-692x1024.png 692w" sizes="(max-width: 1500px) 100vw, 1500px" /></a>LAURENCE CÔTÉ-FOURNIER</h3>
<p>Illustration : Nadia Morin</p>
<p>« Désolé de ne pas avoir été/à la hauteur de tes attentes, matante », lance un Jean Leloup pour le moins sarcastique sur l’album <em>Mille excuses Milady</em>. Dans cette chanson, proclamation de solidarité avec « tous les insoumis », la matante incarne le conformisme, la famille bienveillante, mais confuse devant les folies de l’artiste, celle qui a choisi le plate. Guère de surprise à ce que Dédé Fortin, dans <em>Pissiômoins</em>, affirme que « toutes les matantes seraient toutes contentes » s’il choisissait la vie de « roman-savon » vers laquelle la société le pousse : ces dames n’ont rien de plus pressant à faire que d’inviter la jeunesse à rentrer dans le rang.</p>
<p>Au Québec, dans l’imaginaire collectif, le terme « matante » est fortement connoté : difficile de l’employer sans que le quétaine, le sentimentalisme ou la vulgarité tape-à-l’œil surgissent à ses côtés. On parle de « look de matante » ou de « goûts de matante » sans avoir à définir davantage de quoi il s’agit. Quoi, d’ailleurs, de plus insultant pour un artiste que d’avoir un « public de matantes »? Jean Leloup et Dédé Fortin ne pouvaient que déplaire – ou plutôt souhaiter déplaire – à ces femmes avides de romances sucrées et de bonheurs conjugaux décents, celles qui écoutent « Cité Rock Matante » en se laissant envoûter par le charme inoffensif de Michael Bublé.</p>
<p>Même si la « matante » ne suscite pas tant la haine qu’une condescendance plus ou moins attendrie, on comprend que la majorité des femmes à qui revient le titre de « matante » – et j’en fais partie depuis quelques années – ne souhaitent pas porter le chapeau. La matante, espère-t-on, c’est <em>l’autre</em>. On peut se dire, sourire en coin, « un peu matante sur les bords » pour justifier notre amour d’une comédie romantique descendue en flammes par la critique, mais on l’est avec distance, calcul : « je sais exactement quelle image projeter pour ne pas être une <em>vraie</em> matante », se convainc-t-on. La matante aime le bling-bling à la Michèle Richard et écoute <em>La voix</em> de manière <em>non ironique</em>; nous, on est au-dessus de ça.</p>
<p>Il en est de même pour la madame. Le titre civil est a priori relativement neutre : s’il fallait autrefois être mariée pour le porter, on ne zyeute plus l’annulaire des dames avant de prononcer le mot. Bien sûr, il s’oppose au « mademoiselle », désormais un peu précieux, un peu jeune fille en fleur, et marque une transition de la prime jeunesse vers l’âge adulte. C’est là que tout un lot d’affects entre en jeu. Il y a quelques semaines, une connaissance de mon réseau exprimait avec humour sur Facebook sa tristesse d’être appelée « madame » : même trentenaire, même objectivement adulte, on ne tient pas à ce titre qui évoque l’âge mûr, la respectabilité, la fin du <em>fun</em> et du <em>cool</em>. Dans l’imaginaire populaire, il existe des versions sexuées de la matante, pas trop loin de la fameuse <em>cougar</em>, où elle danse sur des comptoirs de bar à 3 h du matin : la madame, elle, serait déjà couchée depuis plusieurs heures avec quelques bigoudis dans les cheveux.</p>
<p>Le dédain porté à celles qui portent ces titres est révélateur des restrictions autour des manières d’être femme dans l’espace public : trop lisse ou trop vulgaire, trop sévère ou trop émotive, trop précieuse ou trop <em>cheap</em>. Le faux pas semble encore plus compromettant quand on n’a plus vingt ans, alors que le charme de la jeunesse rachète en partie les fautes aux yeux de la société. Lucie Joubert a, dans un essai remarquable, « Les ennemies n<sup>o </sup>1 et 2 : la madame et la matante », évoqué le partage du territoire des possibles féminins entre ces deux figures féminines « presque jumelles <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a> ». Tandis que pour être « madame », c’est-à-dire une bourgeoise choyée et arriviste, « il faut de l’argent », la matante jouit d’un « pouvoir financier et d’une aura d’influence moindres mais, au final, se révèle tout aussi agaçante dans son omniprésence et son association avec l’idée du nivellement par le bas <a href="#_ftn2" name="_ftnref2">[2]</a> ». L’une, au final, n’est que le versant moins privilégié de l’autre.</p>
<p>À ceux qui rétorquent que le terme de « mononcle » existe aussi et que lui non plus n’est pas flatteur, Lucie Joubert répond que les mononcles, eux, n’ont pas été accusés de « matantiser » ou de « madamiser » la société. C’est en effet contre ces accusations, faites notamment par le chroniqueur Stéphane Baillargeon, outré par le contenu mièvre, axé sur la vie domestique, diffusé dans les médias, que s’érige l’autrice. Cela choque d’autant plus que, stéréotype pour stéréotype, le gouvernement récemment élu semble surtout annoncer la mononc’isation de la société – et ce n’est pas une nouvelle déclaration de François Lambert qui changera l’ambiance.</p>
<p>Lucie Joubert termine son texte en affirmant : « Je riais des matantes quand j’avais 12 ans et que j’étais mal dans ma peau. J’en suis maintenant solidaire <a href="#_ftn3" name="_ftnref3">[3]</a>. » C’est cette idée qui m’a poussée à approcher la bande de <em>Françoise Stéréo</em>. Elles m’ont généreusement acceptée parmi les leurs le temps d’un numéro. J’ai une passion de longue date pour les lieux communs, qui ont été au cœur de ma thèse. Les lieux communs, les poncifs et les clichés ont ceci de beau, malgré leur caractère contraignant, voire oppressant, qu’ils forment une base commune à réinventer et à réinvestir.</p>
<p>Moi qui m’étais juré il y a quelques années de ne plus employer le terme « matante » de manière péjorative, pour décrire une œuvre ou, pire encore, l’attitude d’une personne, je me surprends encore à en échapper une et à utiliser un imaginaire empreint de misogynie, mais très commode, parce que si immédiatement parlant. Cette ambivalence demande à être explorée puisqu’elle révèle aussi nos conditionnements. Je ne suis d’ailleurs pas la seule à être dans cet entre-deux : d’autres textes du numéro (Maryse Andraos, <a href="/vie-adulte-lage-paradoxes/" target="_blank" rel="noopener"><em>La vie adulte ou l’âge des paradoxes</em></a>; Camille Simard, <a href="/genealogie-de-mamie/" target="_blank" rel="noopener"><em>Généalogie de la mamie</em></a>; Laurence Côté-Fournier, <a href="/mes-bibelots-dinanite/" target="_blank" rel="noopener"><em>Mes bibelots d’inanité</em></a>; Alice Guéricolas, <a href="/mesdames-mes-madames/" target="_blank" rel="noopener"><em>Mesdames mes madames</em></a>) montrent cette même tension entre le « devenir-madame ou matante », celui qui attend toute femme appelée à vieillir, et nos tentatives parfois hésitantes, parfois assumées pour s’approprier et détourner les imaginaires associés à ces termes.</p>
<p>La décrédibilisation des femmes dans le domaine culturel en raison de la menace de « matantisation » ou de « madamisation » des arts qu’elles faisaient planer est aussi l’objet de quelques analyses qui rappellent le rôle qu’elles ont joué dans la diffusion des œuvres malgré la piètre opinion que l’« élite » a d’elles (Isabelle Boisclair, <a href="/les-matantes-et-les-mononcs/" target="_blank" rel="noopener"><em>Les matantes… et les mononc’s</em></a>; Dominique Raymond, <a href="/inventaire-de-dames-pave-mare-aux-grenouilles-nigog/"><em>Inv</em><em>entaire de dames. Un pavé dans la mare aux grenouilles du Nigog</em></a>). Les femmes ont aussi été écartées de la scène en tant que créatrices, surtout si elles plaçaient la domesticité au cœur de leurs œuvres (Lori Saint-Martin, <a href="/portrait-de-peintresse-matante/" target="_blank" rel="noopener"><em>Portrait de la peintresse en matante</em></a>). Ceci n’est pas innocent : les archétypes mêmes de madames et de matantes sont liés au travail des femmes dans la sphère domestique et au travail de reproduction, site de l’oppression patriarcale.</p>
<p>Des hommages ont aussi été livrés à des madames et des matantes de l’entourage des autrices, figures inspiratrices ou repoussoirs occasionnels, quoiqu’aimés (Ariane Lessard, <a href="/soeurs-de-mere/" target="_blank" rel="noopener"><em>Les sœurs de ma mère</em></a>; Marie Parent, <a href="/annees-de-salle-dattente/" target="_blank" rel="noopener"><em>Les années de salle d’attente</em></a>). C’est un lieu commun de l’écrire, mais les stéréotypes ne tiennent pas devant les femmes réelles, d’où aussi, sans doute, le désir de déconstruire des incarnations réductrices comme celle de Manon Grenier (Marianne Ducharme, <a href="/manon-grenier-memes-limposture-de-matante-branchee/" target="_blank" rel="noopener"><em>L&rsquo;imposture de la matante branchée</em></a>) ou de mieux comprendre les serveuses de <em>diner </em>(Camille Toffoli, <a href="/la-bienveillance-en-extra/" target="_blank" rel="noopener"><em>La bienveillance en extra</em></a>). L’importance des rapports de classe dans notre perception des madames et des matantes fait d’ailleurs l’objet d’une série de réflexions du collectif Françoise Stéréo (<a href="/vignettes-de-combat/"><em>V</em><em>ignettes de combat</em></a>). Finalement, le versant moins positif de l’imaginaire de ces figures a été décortiqué, d’abord en lien avec les événements du G7 où la matante, instrumentalisée, permet les dérives sécuritaires (Héloïse Varin, <a href="/la-matantification-sociale/" target="_blank" rel="noopener"><em>La matantification sociale</em></a>), et ensuite, en montrant l’envers de l’image lisse et parfaite de la madame « reine du logis » (Hélène, <a href="/la-liste/" target="_blank" rel="noopener"><em>La liste</em></a>).</p>
<p>À travers les contradictions et les paradoxes explorés par les autrices, à travers l’amour porté à ces figures mal-aimées, il devient possible d’explorer le vieillissement des femmes avec d’autres lunettes que celles de la misogynie ordinaire.</p>
<hr />
<p><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Lucie Joubert, « Les ennemies n<sup>o </sup>1 et 2 : la madame et la matante » dans Isabelle Boisclair, Lucie Joubert et Lori Saint-Martin, <em>Mines de rien : Chroniques du sexisme ordinaire</em>, Éditions du remue-ménage, 2015, Montréal, p. 33.</p>
<p><a href="#_ftnref2" name="_ftn2">[2]</a> <em>Ibid</em>., p. 34.</p>
<p><a href="#_ftnref3" name="_ftn3">[3]</a> <em>Ibid.,</em> p. 36.</p>
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		<title>Éditorial</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 13:26:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LAURENCE SIMARD Illustration: Anne-Christine Guy &#160; Les Françoise m’ont fait l’honneur de me demander, à moi, de diriger un de leurs numéros. C’est arrivé à la suite de longues et fructueuses conversations/chiâleries sur le care, le travail invisible, la maternité – grosso modo ce qui fait mon pain pis mon beurre – qui ont mené [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Edito.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3344" src="/wp-content/uploads/2017/05/Edito.jpg" alt="" width="1000" height="1000" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Edito.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2017/05/Edito-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Edito-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Edito-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Edito-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Edito-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></h2>
<h2 style="text-align: right;">LAURENCE SIMARD</h2>
<p>Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Les Françoise m’ont fait l’honneur de me demander, à moi, de diriger un de leurs numéros.</p>
<p>C’est arrivé à la suite de longues et fructueuses conversations/chiâleries sur le <em>care</em>, le travail invisible, la maternité – grosso modo ce qui fait mon pain pis mon beurre – qui ont mené à l’idée que ça serait ben l’fonne de diriger un numéro « là-dessus ». Sauf que rendu là, bien de la <em>Pabst</em> avait coulé sous les ponts, et il ne semblait plus très clair, ce « là-dessus » là.</p>
<p>Je sais plus qui a eu l’idée du temps comme thème rassembleur, au centre d’une constellation de multiples éléments, de tranches de vie et de considérations théoriques : la famille, la gentrification, les générations, Kant, les pots Mason, la radio, le capitalisme, Harmonium, l’âge, le vieillissement, les vidanges, <em>sky is the limit</em>.</p>
<p>C’est donc ça – un point de rencontre, un assemblage de polaroids de temps qu’on vous propose les Françoise et moi.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Diachronie – à travers le temps</h3>
<p><em>Si tu donnes un poisson à une femme elle mangera un jour; mais donne z’y un revenu stable lui permettant de vivre à long terme au-dessus du seuil de la pauvreté, et d’ainsi subvenir à ses besoins et à ceux de ses proches, pis tu vas voir que sa santé physique et mentale vont ben mieux se porter.</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">&#8211; Variation sur Jésus/un vieux proverbe chinois/africain/autochtone/<em>name it</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le temps passe.</p>
<p><em>Cash</em> pas <em>cash</em>. C’est une des dures leçons de la précarité qui, elle, tend paradoxalement à s’éterniser en boucles.</p>
<p>Ce truisme m’est sauté dans la face lors d’une discussion à l’université avec des profs et des chargé-es de cours, discussion portant sur les accommodements possibles pour les étudiant-es aux prises avec des problèmes de santé mentale. Le sentiment généralisé était qu’à part écouter brailler, passer la boîte de Kleenex au bon moment et accorder des extensions, y’a pas grand-chose à faire – faut que la session finisse à menné, y’a pas de miracle.</p>
<p>Qu’en fait ces étudiant-es-là seraient probablement mieux avisé-es de prendre une pause le temps de se refaire. (Se refaire quoi? Mystère et boule de gomme.)</p>
<p>Au moment de cette conversation, onze années de ma vie avaient été irrémédiablement englouties par la machine universitaire, qui avait broyé avec une même efficacité froide et systématique enthousiasme naïf, vivacité de l’œil, fraîcheur et teint de rose. Par vocation au départ, puis par obstination de plus en plus désespérée, durant ces années, j’avais passé à travers un bac, une maîtrise, un début de doctorat, mais également la naissance de mes deux enfants, leur petite enfance, la rupture d’avec leur père, une dépression. Le tout sans filet de sécurité sociale et économique permettant d’arrêter, le temps d’un congé de maternité ou de maladie, les études, même graduées, constituant une sorte de non-état social (voir <a href="/greve-stages-greve-femmes/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Amélie Poirier et Camille Tremblay-Fournier</a>), un état d’attente, un presque état, ancré dans la logique d’un optimisme spectaculairement injustifié de « ça va ben finir par mener à kek part ».</p>
<p>Tout ce temps-là, le temps passe, porteur de catastrophes inéluctables : l’épuisement, la prochaine fin de mois, la prochaine épicerie, le prochain compte d’Hydro.</p>
<p>Force est de constater qu’à l’université comme à la vie, l’option d’arrêter, de prendre soin de soi et de recommencer plus tard est rarement réaliste, notamment quand on cumule des facteurs de vulnérabilité : être pauvre, avoir des dettes, des gens à charge (genre des enfants), et/ou un statut d’immigration précaire. Que donc, comme si la misère se chargeait pas déjà de taper tout le temps sur les mêmes têtes, les désavantages socioéconomiques tendent à mener à une fragilité, ou du moins à un manque de contrôle temporel.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Synchronie – avec le temps</h3>
<p><em>Time is an ocean but it ends at the shore.</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">&#8211; Bob Dylan</p>
<p><em>Je ne l’ai jamais fait et je ne le referai jamais.</em></p>
<p style="padding-left: 60px;">&#8211; Sam Hamad</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le temps passe.</p>
<p>Entre des moments charnières, qui tracent des fossés en travers du temps, le séparant en un avant jamais plus accessible et un après maintenant inéluctable – quesse tu veux, astheure, c’est rendu d’même.</p>
<p>Ainsi, quand j’ai appris que je serais désormais partiellement sourde, c’était après un an de tergiversations, de détérioration presque insensible de mon ouïe, de remise à plus tard de la journée (dans le meilleur des cas) inévitablement perdue à niaiser au CLSC parce que « me semble j’entends pas bien ». « Gère tes <em>shits</em> » qu’y disent, mais encore fallait-il décider un bon matin que c’était aujourd’hui que ça se passerait, contre vents, marées, et l’attribution d’un code de priorité de moins mille par l’infirmière du triage.</p>
<p>Avec raison d’ailleurs : prioritaire, mon cas ne l’était aucunement. Pas de catastrophe, pas de heurt, pas même un hoquet pour ponctuer le doux glissement vers la surdité partielle et irrémédiable.</p>
<p>« Ah, c’est d’valeur tu sois pas venue avant, maintenant y’a pu rien à faire. »</p>
<p>Le temps a passé et maintenant on en est là. Un bris dans la projection temporelle, qui réoriente autant l’ensemble des souvenirs passés (« j’entendais bien dans ce temps-là ») et les perspectives d’avenir – un avenir dans lequel ma protagoniste (c’est moi ça) est partiellement sourde. C’était pas comme ça avant, mais là c’est ça.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3>Les textes</h3>
<p>Tout ça pour dire que les textes de ce numéro traitent autant de moments charnières que de temps qui passe. On en est là : à un moment du quotidien, à la mort, au deuil et à ce qui suit. À la maladie et à la convalescence. À consommer et se sevrer. À attendre, à célébrer jaune. À arrêter de cacher nos cheveux gris, à comparer les <em>snapshots</em> de nos vies et à devenir féministe. À ces moments de relations, jamais abouties, de la famille, des migrations, des générations, du lieu et des cultures. On est arrivées là par le temps qui passe, ciseleur de vies de femmes et de culture sexiste et coloniale.</p>
<p>La séparation est arbitraire — les textes sont entre-tissés de phénomènes synchroniques et diachroniques, inscrits les uns dans les autres. On les a classés pour vous, tout aussi arbitrairement peut-être, en quatre thèmes :</p>
<ul>
<li><strong>Les âges de la vie :</strong> sur <a href="/bonheur-temps-a-retraite/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la retraite</a> (Micheline Therrien), <a href="/lettre-de-toi/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la complexité d’une relation mère-fille</a> (Marie-Christine), <a href="/le-temps-du-feminisme/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un moment de reconnaissance féministe</a> (Caroline Bélisle), <a href="/on-est-rendu-la/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la mort</a> (Marie-Ève Duchesne) et <a href="/garde-robes-pleins/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">l’encombrement du vide</a> qui la succède (Claudia Beaulieu).</li>
<li><strong>Le temps des femmes</strong>: <a href="/greve-stages-greve-femmes/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">une analyse féministe de la grève des stages </a>(Amélie Poirier et Camille Tremblay-Fournier), <a href="/fuck-5-a-7-ethnographie-de-petite-bourgeoisie-intellectuelle/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un portrait des célébrations des milieux intellos-bourgeois de gauche</a> (Catherine Lefrançois), <a href="/tranches-de-vie/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">des tranches de petites vies de femmes</a> (Catherine Lefrançois et Laurence Simard), <a href="/temps-a-soi-femmes-philosophie/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un survol historique des femmes en philosophie</a> (Suzy Boudreault) et <a href="/on-toutes-francoise-sagan/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">un hommage à Françoise Sagan</a> (Adrien Rannaud).</li>
<li><strong>Ruptures et continuité</strong>: sur <a href="/saison-culture-viol-litterature-canadienne/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">les temporalités entremêlées et réitératives de la culture du viol </a>(Zishad Lak), et <a href="/a-propos-milieu/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">de l’appartenance et du lieu</a> (Eftihia Mihelakis), sur le passage du temps ancré dans <a href="/62-2/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la poésie du quotidien</a> (Anne-Christine Guy), sur <a href="/quelques-considerations-temporelles-eclectiques-dune-convalescente-privilegiee/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">la convalescence</a> (Aimée Lévesque), sur <a href="/chronos/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le sevrage</a> (Amélie) et sur<a href="/trop-vite/" target="_blank" rel="noopener noreferrer"> le deuil</a> (Typhaine Leclerc-Sobry).</li>
<li><strong>Le temps incarné</strong>: sur <a href="/dep-ferme-cinq/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le temps de la consommation</a> (M), sur <a href="/cloppe-yoga-meme-combat/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">les pratiques rituelles du souffle et de la cigarette</a> (Aelius Marullinus), sur <a href="/memory-and-me-suivi-de-children-and-adulting-and-autisming/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">le temps de l’autisme</a> (Rhi), sur <a href="/je-tattends/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">les menstruations et l’attente</a> (Marie-Michèle Rheault) et sur <a href="/la-couleur-du-temps/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">les cheveux blancs et le vieillissement du corps des femmes</a> (Virginie Larivière).</li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous avons eu la chance que la magnifique Anne-Christine Guy accepte d’illustrer ce numéro. Elle nous a offert son temps et sa sensibilité pour créer une image inspirée des propos de chacun des textes. Nous la remercions de sa générosité.</p>
<p>On vous souhaite du doux temps de lecture.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un territoire à redire</title>
		<link>/territoire-a-redire/?utm_source=rss#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=territoire-a-redire</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Mar 2017 02:35:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Numéro spécial poésie (en ligne)]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; &#160; C’est avec une vive émotion que je vous adresse ces mots au terme d’une aventure de quelques mois fort occupés avec la prodigieuse équipe de Françoise Stéréo. J’ai pensé le numéro poésie de Françoise Stéréo dans l’urgence des agressions sexuelles dénoncées cet automne (affaire Sklavounos, femmes autochtones de Val-d’Or, acquittement dans l’affaire Ghomeshi). [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/wp-content/uploads/2017/03/Couverture-1.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3135" src="/wp-content/uploads/2017/03/Couverture-1.png" alt="" width="612" height="792" srcset="/wp-content/uploads/2017/03/Couverture-1.png 612w, /wp-content/uploads/2017/03/Couverture-1-232x300.png 232w" sizes="(max-width: 612px) 100vw, 612px" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est avec une vive émotion que je vous adresse ces mots au terme d’une aventure de quelques mois fort occupés avec la prodigieuse équipe de <em>Françoise Stéréo</em>.</p>
<p>J’ai pensé le numéro poésie de <em>Françoise Stéréo</em> dans l’urgence des agressions sexuelles dénoncées cet automne (affaire Sklavounos, femmes autochtones de Val-d’Or, acquittement dans l’affaire Ghomeshi). En écho au cirque médiatique grotesque et méprisant envers les victimes, mon impuissance, ma frustration peinaient à prendre parole. C’est par l’écriture que j’ai pansé mon féminisme malmené. Devant l’addition poésie, féminisme et prise de parole, il m’apparaissait primordial de travailler à la réconciliation du plus grand nombre avec le mouvement et ses multiples postures à travers ses langues plurielles.</p>
<p>C’est dans cette foulée que j’ai proposé à l’équipe de <em>Françoise Stéréo</em> de dévouer un numéro complet à la poésie des femmes, personnes trans ou se définissant comme non binaires dans un souci de représentativité (âge, nationalité, langue, orientation sexuelle, milieux d’appartenance, etc.) L’idée : rallier un éventail de textes non pas forcément militants ou engagés, mais portés par des personnes dont la prise de parole, le positionnement dans l’espace public se réclament du féminisme. Le projet initial s’est bonifié au contact du Mois de la poésie de Québec alors que nous y avons présenté le lancement <em>CHAMBRES</em>, en référence à l’ouvrage de Virginia Woolf; une installation Web où trente des auteures du numéro ont interprété leurs textes devant caméra à même leur maison.</p>
<p>Ce numéro est composé de cinquante auteures habitant le territoire québécois réunies pour partager la pluralité des voix du féminisme, dire la multiplicité de ses réalités, adoucir – je le souhaite – l’opinion publique à l’égard de ce mouvement nécessaire encore aujourd’hui au Québec comme partout ailleurs.</p>
<p>Je tiens à remercier, dans le désordre, les gens suivants pour leur dévouement sans lequel ce numéro ne serait pas : les cinquante poètes prenant plume dans les pages qui suivent, Bref pour les collages époustouflants, le collectif éditorial de <em>Françoise Stéréo</em> pour son soutien, son amour et son intelligence indéfectible, les parents et gardiennes de ce monde qui nous ont libéré de nos tâches quotidiennes pour créer ce numéro, Caroline Décoste et tous les passeurs qui nous ont mis les unes les autres en communication. Pour le succès de <em>CHAMBRES</em>, je remercie Ulysse Ruel à l’intégration et à la diffusion Web, Pierre Brouillette-Hamelin au montage sonore, Andrée-Anne Blacutt aux illustrations ainsi qu’Elias Djemil.</p>
<p>Merci à vous d’être au rendez-vous.<br />
Je vous souhaite autant de plaisir à lire les pages qui suivent que nous en avons eu à les écrire, les penser. Pour vous.</p>
<p>Vanessa Bell<br />
Poète, directrice artistique et littéraire du numéro</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Laurence Simard<br />
Julie Veillet</p>
<p>Illustrations : Bref</p>
<p>Révision : Julie Veillet</p>
<p>Design du site : Djanice St-Hilaire</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>francoisestereo@gmail.com</p>
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		<title>Mesurer le sexisme</title>
		<link>/mesurer-le-sexisme/?utm_source=rss#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mesurer-le-sexisme</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Oct 2016 14:30:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[8 Science]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les dernières semaines ont été plutôt éprouvantes pour les féministes. D’abord, on ne saurait passer sous silence le courage de celles qui ont osé dénoncer les agressions sexuelles qu’elles ont subies. On ne saurait ignorer la force de celles qui se sont confiées, qui ont nommé leurs souffrances, qui ont exposé leurs plaies au grand [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-2239" src="/wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie.png" alt="marie_curie" width="981" height="1255" srcset="/wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie.png 981w, /wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie-235x300.png 235w, /wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie-768x983.png 768w, /wp-content/uploads/2016/10/Marie_Curie-800x1024.png 800w" sizes="(max-width: 981px) 100vw, 981px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Les dernières semaines ont été plutôt éprouvantes pour les féministes. D’abord, on ne saurait passer sous silence le courage de celles qui ont osé dénoncer les agressions sexuelles qu’elles ont subies. On ne saurait ignorer la force de celles qui se sont confiées, qui ont nommé leurs souffrances, qui ont exposé leurs plaies au grand jour et qui ont pointé du doigt leurs agresseurs. Elles se sont levées et ont crié bien fort le nom de ceux qui leur ont fait mal, de ceux qui ont brisé leur tête, leur cœur, leur corps.</p>
<p style="text-align: justify;">Elles ont crié tellement fort que bien des femmes ont senti le besoin de parler à leur tour. Soulignons, entre autres, le courage des femmes qui ont dénoncé les agressions sexuelles survenues dans les résidences de l’Université Laval à la mi-octobre. Pensons aussi à celles qui ont choisi de se taire ou qui se sentent incapables de crier. Elles ne sont pas moins courageuses et leur douleur n’en est pas amoindrie. Que vous criiez votre douleur ou que vous la viviez en silence, sachez que nous vous croyons.</p>
<p style="text-align: justify;">L’Université Laval étant l’alma mater de la majorité des membres du collectif <em>Françoise Stéréo</em>, inutile de dire que cette nouvelle nous a bouleversées. À la veille de la sortie de notre numéro sur la science, nous avons été choquées de constater que l’université, ce lieu où les grands esprits naissent, où les humains qui le fréquentent s’ouvrent à la connaissance et doivent être dotés d’un jugement certain, était encore et toujours un lieu de menace pour les femmes. Nous nous sommes battues pour y entrer, pour pouvoir y étudier, et maintenant, nous devons nous battre pour y être en sécurité? Vraiment? L’université devrait être le lieu de tous les possibles, de tous les savoirs. Elle devrait permettre aux femmes de se dépasser intellectuellement et de repousser les barrières. Pourquoi faut-il alors que des évènements aussi violents qu’une agression sexuelle ou qu’une violation de la vie privée viennent détruire la confiance que les étudiantes ont mis des années à bâtir? Pourquoi les femmes doivent encore et toujours se méfier des attaques possibles sur leur corps alors qu’elles ne voudraient que pouvoir se concentrer sur le développement de leurs connaissances? Puis, les attaques sont insidieuses. Quand on parle d’agressions sexuelles dans une résidence universitaire, c’est criant de violence et tout le monde est d’accord pour condamner ces gestes. Mais qu’en est-il de la misogynie latente dans les laboratoires de chimie? Qu’en est-il de ces chercheuses en sociologie qui se tapent la compilation de données de recherche pour un prof qui va recevoir tous les mérites? Comment démontrer les inégalités qui surviennent dans une assemblée générale étudiante d’un programme de physique où la majorité des étudiants sont masculins et où les femmes peinent à faire valoir leurs besoins et leurs idées? On parle ici du milieu universitaire, mais les milieux de travail liés aux sciences, qu’il s’agisse de sciences appliquées ou humaines, ne sont guère plus équitables.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour notre huitième numéro, nous avons choisi de nous intéresser à la science. Le thème a inspiré beaucoup de collaboratrices et nous sommes heureuses de la diversité de sujets et d’approches que cela a engendrée. Naturellement, il y a dans ce numéro des portraits de femmes scientifiques qui n’ont pas eu toute l’attention qu’elles auraient mérité. Nous pensons ici à Margaret Hamilton, une pionnière dans le domaine de la programmation informatique, puis à Rosalind Franklin, qui a contribué à la découverte de la structure de l’ADN. Ce numéro a aussi été l’occasion pour certaines de constater à quel point plusieurs pans de la recherche scientifique spécifiquement liés aux femmes ne sont pas assez développés. Pensons notamment à la recherche sur les SPM, sur l’endométriose ou sur la contraception. Ce numéro abordera aussi l’épineuse question des sciences « molles » que certains considèrent comme moins scientifiques ou légitimes que les sciences dites « pures ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le collectif éditorial aimerait remercier Yannick Hervieux et Anthony Charbonneau Grenier de <a href="https://www.facebook.com/bicephal/?fref=ts" target="_blank">Bicéphale – Solutions graphiques </a>pour l’illustration de ce présent numéro. Dans un concept ludique, les deux illustrateurs ont voulu rendre hommage à quelques grandes scientifiques qui se sont illustrées dans plusieurs domaines tels que l’astronomie, la chimie, les mathématiques, etc. Soulignons aussi l’arrivée d’une nouvelle venue dans l’équipe de chroniqueuses. Eftihia Mihelakis signera maintenant la chronique <em>C&rsquo;est kif-kif</em> qui portera sur ce qui se trame derrière les échanges les plus banals de notre quotidien, pour enquêter sur les dangers/plaisirs d&rsquo;une naturalisation des phénomènes culturels. Quelques objets qui y seront étudiés cette semaine : le yogourt grec, Disney Land dans le monde, l’alma mater, etc.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Julie Veillet<br />
Illustrations : Yannick Hervieux et Anthony Charbonneau Grenier de <a href="https://www.facebook.com/bicephal/?fref=ts" target="_blank">Bicéphale – Solutions graphiques </a><br />
Révision : Julie Veillet</p>
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		<title>Nous, vous, ils</title>
		<link>/nous-vous-ils/?utm_source=rss#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=nous-vous-ils</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jul 2016 14:06:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[7 La communauté]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CATHERINE LEFRANÇOIS Pour le collectif &#160; Une revue qui paraît trois fois par année peut difficilement coller à l’actualité. Ici, le hasard a bien fait les choses et dans les semaines qui ont précédé la parution de ce nouveau numéro ayant pour thème la communauté, trois polémiques (bon, enfin, deux polémiques et un texte qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2016/07/Coeur-gris.png" rel="attachment wp-att-2101"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-2101" src="/wp-content/uploads/2016/07/Coeur-gris.png" alt="Coeur gris" width="1000" height="533" srcset="/wp-content/uploads/2016/07/Coeur-gris.png 1000w, /wp-content/uploads/2016/07/Coeur-gris-300x160.png 300w, /wp-content/uploads/2016/07/Coeur-gris-768x409.png 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></h2>
<h2 style="text-align: right;"></h2>
<h2 style="text-align: right;">CATHERINE LEFRANÇOIS</h2>
<h2 style="text-align: right;">Pour le collectif</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Une revue qui paraît trois fois par année peut difficilement coller à l’actualité. Ici, le hasard a bien fait les choses et dans les semaines qui ont précédé la parution de ce nouveau numéro ayant pour thème la communauté, trois polémiques (bon, enfin, deux polémiques et un texte qui ne semble avoir mis que moi en maudit) sont venues alimenter nos réflexions. Je vous les présente en ordre chronologique.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>Le 16 juin dernier, quatre jours après la tuerie du Pulse à Orlando, Béatrice Martin <a href="http://noisey.vice.com/blog/coeur-de-pirate-orlando-pulse-shooting-essay" target="_blank">signe dans Vice un <em>op-ed</em></a> dans lequel elle exprime son désarroi par rapport à cette tragédie et fait son <em>coming out</em> en tant que queer. Les réactions négatives fusent sur les réseaux sociaux comme dans les médias traditionnels. On l’accuse entre autres de chercher à attirer l’attention, et les habituels arguments homophobes abondent : les « étiquettes » sont complètement dépassées et il y en a de toute façon beaucoup trop, c’est juste pour se rendre intéressant, ces gens se getthoïsent eux-mêmes, etc.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="2">
<li>Le 25 juin (le lendemain de la Saint-Jean, tiens donc), Mathieu Pelletier publie dans la rubrique « Le Devoir de philo » du journal <em>Le Devoir</em> un essai intitulé « <a href="http://www.ledevoir.com/societe/le-devoir-de-philo/474193/le-devoir-de-philo-freitag-et-l-apres-projet-de-loi-sur-le-discours-haineux" target="_blank">Michel Freitag et l’après-projet de loi sur le discours haineux</a> ». Le chapeau nous annonce que la « défense des droits particularistes peut être un instrument de dissolution de la société », rien de moins. On y apprend évidemment que nous sommes en « crise civilisationnelle » et que les droits des minorités sont une menace pour la société et les valeurs communes. Je m’étonne encore aujourd’hui du faible écho qu’a eu ce texte au sein de la communauté progressiste.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="3">
<li>Enfin, le 3 juillet, Alexandra Pelletier et Marie-Pier Lauzon publient chez <em>Ricochet </em>une lettre ouverte intitulée <a href="https://ricochet.media/fr/1260/projet-de-loi-103-et-mineurs-transgenres-progressiste-vraiment" target="_blank">« Progressiste, vraiment ? »</a> qui critique le projet de loi 103. Les auteures s’attaquent à ce qu’elles décrivent comme une vision « individuelle et apolitique » du genre qui serait nuisible à l’analyse féministe radicale « jugée assez classique jadis » et qui insistait sur les dimensions construites et politiques de celui-ci. Florence Paré a publié <a href="https://ricochet.media/fr/1262/un-texte-progressiste-vraiment" target="_blank">une brillante réplique</a> quelques jours plus tard.</li>
</ol>
<p style="text-align: justify;">Il y a un point commun entre ces trois conversations, soit celles à propos des identités sexuelles, des libertés religieuses et des enjeux touchant les personnes trans : une partie de ceux qui se disent de gauche et progressistes mettent souvent en garde contre les revendications de ces « minorités », qui affaibliraient supposément le droit de la « collectivité » d’imposer une éthique et une morale valables pour tous et toutes. Très conscients qu’il s’agit d’une position qui est traditionnellement associée à la droite et qui est loin d’être largement partagée dans leur propre famille politique, les tenants de cette posture ont souvent recours, dans leur rhétorique, à l’épouvantail du néo-libéralisme : ces revendications « particularistes » porteraient sur des droits individuels, et s’inscriraient donc dans une exacerbation de l’individualisme liée au néo-libéralisme. Voyez la pirouette sémantique : liberté/libéralisme, individuel/individualisme. Ces termes recouvrent cependant des réalités multiformes et le libéralisme, néo ou pas, n’a pas le monopole des réflexions sur la liberté et sur l’individu. Le glissement droits individuels/individualisme joue une fonction rhétorique bien particulière : celle de sous-entendre, sans le dire, que de réclamer ces droits serait un caprice fondé sur l’intérêt personnel, et que cela nuirait aux « vraies » causes dont les victoires pourraient assurer des bénéfices à tout le monde. Ce discours n’a rien de neuf et certaines de nos lectrices se souviendront peut-être de la difficile position des féministes marxistes des années 1970, qu’on accusait de diluer la lutte avec leurs affaires de femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais qui compose donc cette collectivité qu’on semble vouloir défendre à tout prix ? S’il faut la défendre contre les revendications des « minorités », ces dernières peuvent-elles aussi en faire partie ? La « société » excluerait-elle donc les gais, les queers, les néo-Québécois, les personnes trans ? Les termes employés dans ces argumentaires sont révélateurs. « Collectivité » et « société » sont pour le moins rassembleurs : le lecteur, la lectrice s’y sentira forcément inclusE, et s’identifiera donc à l’auteurE du texte. Ces concepts sont fondés sur des caractéristiques qui nous sont tous communes. Nous sommes nous, hourra ! Les minorités veulent des choses, boooouuuh les minorités ! Elles « nous » menacent !</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Commençons maintenant la ronde des évidences. Une collectivité est bien entendu composée d’individus. Par exemple, « les Québécois » fait référence à un groupe d’individus qui sont citoyens du Québec. Quiconque doté de bonne foi sera prêt à reconnaître que toute collectivité d’une certaine importance numérique est également composée d’une multitude de communautés regroupant une partie de ces individus sur la base de caractéristiques communes à eux seuls : les femmes, les amateurs de ringuette, les habitants de Limoilou, les lecteurs de Marie Laberge, etc. Ces différentes communautés sont elles-mêmes plus ou moins importantes numériquement parlant, dotées d’une identité collective plus ou moins forte, sont plus ou moins organisées. Tiens, une autre évidence : chaque individu appartient à plusieurs communautés et son quotidien s’articule autour de plusieurs identités ou de plusieurs appartenances, certaines choisies, d’autres non, et dont certaines peuvent même entrer en contradiction. Quelle découverte ! Ainsi, pour ma part, je suis citoyenne du Québec, blanche, femme, mère, résidente du quartier Saint-Pascal, musicienne, membre de la famille Lefrançois (et Royer, et Beaudet, etc.), employée de l’Université Laval, abonnée de la bibliothèque de la Ville de Québec et du <em>Devoir</em>, féministe, fan de country, auteure et éditrice à temps perdu, adepte de séries télé, buveuse de Cheval blanc, et j’en passe. J’ai choisi d’appartenir à certains de ces groupes ; à d’autres, non. Dans certaines de ces communautés, je connais presque tout le monde ; dans d’autres, je suis une anonyme parmi des anonymes. J’ai envers certaines de ces communautés un sentiment d’appartenance très fort, qui détermine fortement mon identité ; c’est cependant de moins en moins le cas en ce qui concerne mon abonnement au <em>Devoir</em>, <em>just saying</em>. Dans certaines de ces communautés, je m’attends à pouvoir évoluer en accord total avec mes valeurs (dans le milieu féministe, par exemple), au point où une atteinte à cette condition remettrait en question mon adhésion (sérieusement, <em>Le Devoir</em>, je suis vraiment à la veille de me désabonner). Ailleurs, je choisis de prioriser mes relations avec les autres : par exemple, je veux connaître mes voisins, les parents des enfants qui fréquentent l’école de ma fille, encourager les commerces de mon quartier, et je ne m’attends pas à ce que tous ces gens partagent mes idées politiques. Par ailleurs, certaines de ces appartenances exercent plus de contraintes que d’autres dans ma vie quotidienne, le mot contrainte étant ici entendu au sens le plus large (déterminants économiques, géographiques, sociaux etc.) Bref, mon appartenance à ces diverses communautés n’est ni de même nature ni d’importance égale selon l’angle sous lequel on les envisage, voire d’un moment à l’autre de la journée. Enfin, je retire de certaines de ces appartenances des privilèges immenses. Je suis blanche, « de souche », hétérosexuelle, je vis avec le père de mes enfants qui partage aussi ces trois caractéristiques. Jamais on ne me demande d’où je viens, d’où viennent mes enfants, qui nous ressemblent à tous les deux. Partout où je vais je suis « chez moi », j’ai des papiers d’identité à mon nom, avec le bon sexe, et je peux frencher mon chum en public autant que je veux. En tant que femme et féministe cependant, je suis consciente des inégalités de sexes et de genre et je me sens solidaire de tous les groupes qui oeuvrent pour l’égalité et la justice sociale. Or, dans le discours militant aussi, l’aspect collectif a une valeur positive très forte ; on se regroupe, on s’épaule, on tente de faire valoir les avantages de nos revendications pour l’ensemble de la société. Quand on veut discréditer une féministe cependant, en général, on ne s’attaque pas au mouvement. Non, on lui trouve même du bon (ailleurs qu’ici s’entend, parce qu’au Québec hein, on est tous égaux et on vit même dans une société matriarcale). On traite plutôt ladite féministe de folle, de nazie, de mal baisée ou encore on lui explique gentiment pourquoi elle a tort.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est le même mécanisme qui est en jeu lorsqu’on tente de réduire les revendications de certaines communautés à des revendications individuelles<em> </em>: l’objectif est de les discréditer. Ainsi, leurs demandes ne concerneraient pas tout le monde. Ah non ? Pourtant, à ce que je sache, les personnes trans, par exemple, exigent des choses qui vont de soi pour la majorité, soit le droit d’évoluer dans l’espace public en toute sécurité, le droit d’avoir en sa possession des documents gouvernementaux portant l’identification de genre correcte, le droit de choisir ou de changer son nom. Tiens, c’est drôle, <em>je</em> <em>possède déjà tous ces droits sans jamais avoir eu à les demander.</em></p>
<p style="text-align: justify;">On tente aussi de discréditer certains mouvements collectifs en leur reprochant d&rsquo;essayer d’obtenir des droits par le biais des tribunaux, comme si le fait que le progrès social passe d’abord par la branche judiciaire plutôt que législative lui enlevait de la noblesse. Oui, j’ai souvent lu ça. Et oui, dans certains cas, des avancées se font devant les tribunaux, dans des causes qui opposent une personne à une autre ou à une entité (gouvernement, entreprise, etc.). Et si vous pensez que le droit civil ne sert qu’à régler des chicanes entre voisins, tapez donc « Jean-Guy Tremblay contre Chantal Daigle » dans Google. Si on avait toujours attendu que les dominants accordent aux dominés tous les droits dont ils jouissent eux-mêmes, on ne serait pas rendus très loin. Et pensons aussi un instant aux grands mouvements structurants des deux derniers siècles : le féminisme, le mouvement des droits civiques, la lutte homosexuelle, par exemple, des mouvements larges dont les revendications ont été faites au nom de millions de personnes. De plus, celles-ci ont porté sur des droits pourtant considérés comme fondamentaux et faisant partie de ce qu’on nomme encore parfois les « droits de l’homme » : droit de vote, sécurité, liberté, autonomie économique, etc. Ces revendications ont aussi été dépeintes comme des caprices et comme des menaces à la stabilité de la société en leur temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais plus qui a dit qu’une communauté se définit en posant des limites, donc en excluant. Que les fans des Beatles et les fans des Rolling Stones se regardent de travers est plutôt bénin. Que mon quartier ait des limites géographiques définies (quoi que j’en connaisse certains qui débattent encore des limites de Limoilou) et exclut donc certains de mes amis ou encore sépare une rue en deux, ce n’est pas bien grave non plus. Oui, toute communauté idéologique est confrontée à des questions brûlantes (la communauté féministe n’y échappe pas) et toute collectivité est agitée par des dissensions et des débats. Argumenter et faire valoir ses idées est important et ce droit devrait être accordé à chacun. Mais quand les dominants s’arrogent le droit de définir les contours de la société et celui d’en déterminer le meilleur intérêt, ils nuisent au tissu même de la communauté qu’ils tentent de défendre. Opposer « minorité » et « collectivité », c’est pratiquer l’exclusion de manière déguisée, et rendu là, aucun argument n’en vaut vraiment la peine.</p>
<hr />
<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Djanice St-Hilaire<br />
Julie Veillet</p>
<p>Graphisme: Djanice St-Hilaire<br />
Illustrations: Catherine Lefrançois<br />
Révision: Julie Veillet</p>
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		<title>Se prendre en main</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Apr 2016 20:15:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[6 Le sport]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>FRANÇOISE STÉRÉO Depuis le 31 mars, c’est le Défi Santé. Pour y participer, on s’inscrit sur le site du Défi et on consigne ses efforts. L’objectif : manger cinq portions de fruits et légumes par jour, bouger 30 minutes et prendre au moins une pause par jour. Le Défi Santé est une initiative de Capsana, « [u]ne [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/uploads/2016/04/Stella_-_Jeux_denfants_49_-_La_Danse_F17BOU005427.jpg" rel="attachment wp-att-1913"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1913" src="/wp-content/uploads/2016/04/Stella_-_Jeux_denfants_49_-_La_Danse_F17BOU005427.jpg" alt="Stella_-_Jeux_d'enfants_49_-_La_Danse,_F17BOU005427" width="2316" height="1876" /></a></p>
<h2 style="text-align: right;">FRANÇOISE STÉRÉO</h2>
<p style="text-align: justify;">Depuis le 31 mars, c’est le <em>Défi Santé</em>. Pour y participer, on s’inscrit sur le site du <em>Défi</em> et on consigne ses efforts. L’objectif : manger cinq portions de fruits et légumes par jour, bouger 30 minutes et prendre au moins une pause par jour. Le <em>Défi Santé</em> est une initiative de <a href="http://www.capsana.ca/qui-sommes-nous" target="_blank">Capsana</a>, « [u]ne organisation à vocation sociale, propriété des fondations de l&rsquo;Hôpital Maisonneuve-Rosemont et du Centre ÉPIC, qui est en lien avec l&rsquo;Institut de cardiologie de Montréal, ainsi que de la Fondation PSI ». On ne saurait être contre la vertu. Mais demandons-nous un instant combien d’argent est injecté dans la promotion des « saines habitudes de vie », tant par le gouvernement que par les fondations privées. Dans le budget 2015-2016 du gouvernement du Québec seulement, ce sont 20 millions de dollars qui sont alloués au « Fonds pour la promotion des saines habitudes de vie » du portefeuille Santé et Services sociaux. On incite la personne à se « prendre en main » (l’expression est partout dans les articles sur le <em>Défi </em>et dans les communiqués de l’organisation).</p>
<p style="text-align: justify;">Le coût des aliments a explosé depuis les dernières années. Les fruits et les légumes sont de plus en plus chers. Mais pour se prendre en main, il faut ce qu’il faut. Dans les « partenaires » du <em>Défi Santé</em>, on compte d’ailleurs Fontaine santé, Oasis, les salades Attitude, les poissons High Liner, le yogourt Astro et la margarine Becel. Ah oui! et IGA aussi, parce que ces produits-là, il faut les acheter quelque part.</p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être qu’au lieu de dépenser des millions de dollars pour convaincre les gens de se prendre en main, on pourrait s’attaquer aux facteurs structurels qui causent les problèmes de santé et réduisent l’espérance de vie. Je sais pas moi, la pauvreté? <a href="http://www.atdquartmonde.ca/wp-content/uploads/Le-sens-des-sous-pour-resoudre-la-pauvrete.pdf" target="_blank">À l’échelle canadienne</a>, les coûts indirects de la pauvreté s’élevaient en 2007 à 24,3 milliards de dollars, tandis que l’écart de pauvreté s’élevait à 12,3 milliards de dollars. <a href="http://www.pauvrete.qc.ca/prejuge-3-lutter-contre-la-pauvrete-ca-couterait-trop-cher/" target="_blank">Éliminer la pauvreté coûterait moins cher que ce que la pauvreté nous coûte collectivement</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">La mesure du panier de consommation (MPC) calcule le montant minimum pour vivre décemment, c’est-à-dire sans détérioration de la santé. On est vraiment dans le minimum ici. La source des <a href="http://naufrages.radio-canada.ca/place_publique_en_savoir_plus_article.aspx?id=2" target="_blank">chiffres suivants</a> (qui ont le mérite d’être clairement présentés) n’est pas précisée, mais les données ressemblent à celles qu’on trouve dans divers rapports sur le sujet (<a href="http://www.pauvrete.qc.ca/IMG/pdf/MPC_et_seuils-1a-Texte_de_base-141030.pdf" target="_blank">ici</a> par exemple). Pour une famille avec deux enfants, quelque part au Québec et quelque part dans les années 2000, la MPC est de 26 560 $ par année. Sur ce montant, 28 % sont alloués à la nourriture. 583 $ par mois. 145 $ par semaine. C’est pas avec ça qu’on achète des framboises en hiver et des laitues Attitude.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revenuquebec.ca/fr/salle-de-presse/statistiques/revenu-total-des-particuliers.aspx" target="_blank">En 2013</a>, selon Revenu Québec, 40,94 % des particuliers ayant produit un rapport d’impôts gagnaient moins de 25 000 $.</p>
<p style="text-align: justify;">L&rsquo;organisation du Défi Santé n&rsquo;est pas la seule à vouloir que les Québécois.es se prennent en main. L&rsquo;expression « je me prends en main », c’est aussi le nom d’un concours de transformation corporelle d’une chaîne de centres de mise en forme. Un genre de « Biggest Loser » québécois. À l’instar de la populaire téléréalité américaine, la chaîne de gyms n’a pas cru bon de se défaire des clichés de la remise en forme. À lui seul, le titre convoque culpabilité et contrôle. Il incarne la rupture entre le moment où on doit reprendre le contrôle sur une vie faite d’excès qui a mené à un corps imparfait, disgracieux, dont il faut avoir honte. Vous direz : « Oui, mais il faut voir ça comme une décision de se sentir mieux, d’avoir une meilleure santé. Eh bien non ! Le concours est basé sur les photos avant/après la transformation et sur la diminution de l’IMC. Pas de critères sur l’amélioration de la qualité de vie ni sur le plaisir trouvé dans le sport. On n’évaluera pas les participant.e.s sur la diminution de leur stress, sur la qualité de leur sommeil ni sur leur énergie enfin retrouvée. Non. Il n’y en a, comme toujours, que pour la disparition des bourrelets autour de la taille ou pour le raffermissement du gras de bras. C’est comme si dans l’esprit de ces centres sportifs, la seule chose qui pouvait inciter les femmes à faire du sport, c’est de vouloir être plus minces, plus fermes, donc plus belles.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, on chiale, on chiale. Ne pensez surtout pas qu’on n’aime pas le sport. Ben non, on adore ça ! C’est pour ça qu’on fait un numéro sur le sport. On court, on joue au soccer, à la balle molle, on fait du vélo, heille, on va même s’entraîner des fois. On regarde le hockey, on suit l’Impact, on va aux Capitales. On voudrait cependant mettre au clair certains détails.</p>
<ol style="text-align: justify;">
<li>On va s’acheter un chandail aux couleurs de l’équipe, merci; pas besoin de le faire en rose. Et si vous offrez des chandails pour femme, pouvez-vous s’il vous plaît offrir les mêmes que pour les hommes? Non, on n’aime pas juste les « beaux » joueurs <a href="#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="2">
<li>Plus de Chantal Macchabée s’il vous plaît. Et les filles que vous cantonnez au compte rendu de ce qui se dit sur les réseaux sociaux? Ça vous tente pas de leur faire faire autre chose des fois ? Elles aussi, elles connaissent ça le sport.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="3">
<li>On fait du sport pour avoir du plaisir, voir nos amis et s’en faire des nouveaux, se dépasser, se sentir bien, se défouler, se déstresser.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="4">
<li>On peut être grosse et en santé, on peut être mince et pas du tout en forme. Certains sports de haut niveau exigent un corps tout sauf mince. Arrêtez de présumer que seules les filles jeunes et minces sont des sportives, que faire du sport peut faire maigrir tout le mode et que l’amaigrissement est le but ultime du sport.</li>
</ol>
<ol style="text-align: justify;" start="5">
<li>On aime le sport, mais on reste critique sur sa promotion et ses bienfaits sociaux. On a envie d&rsquo;avoir du plaisir en pratiquant nos activités favorites. Exit l’image d’une salle d’entraînement ou de <em>spinning</em> remplie de petits soldats de bonne volonté, uniformes collés au corps, obéissant de tout leur zèle au caporal qui hurle les mouvements à exécuter…</li>
</ol>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Laissons le mot de la fin à <a href="http://likemoi.telequebec.tv/episodes/3-episode-3/sketchs/3-tutoriel-beaute-2" target="_blank">Gaby Gravel</a>. « <em>Si t’as le choix, c’est mieux d’être belle que d’être en santé. Les filles en santé ont des gros mollets, les filles cutes et malades rencontrent des docteurs. »</em></p>
<hr />
<p style="text-align: justify;"><a href="#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Nous avions vu passer une discussion sur le sujet dans un groupe Facebook l’an dernier et qui avait provoqué une discussion des plus intéressante. Nous n’avons pas pu retracer l’intervention initiale ni son auteure ; si elle se reconnaît, cela nous fera grand plaisir de la citer ou de lui offrir un espace dans la revue.</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Djanice St-Hilaire<br />
Julie Veillet</p>
<p>Graphisme: Djanice St-Hilaire<br />
Illustrations: Catherine Lefrançois, d&rsquo;après les illustrations de l&rsquo;ouvrage <em>Les jeux et plaisirs de l&rsquo;enfance</em> (Paris, 1657, Stella); gravures de  Claudine Bouzonnet Stella d&rsquo;après des dessins de Jacques Stella.<br />
Révision: Julie Veillet</p>
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		<title>Univers intimes—Comme un réflexe à déprogrammer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2015 17:29:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[5 Univers intimes]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE COLLECTIF Illustration:   Préliminaire, Jessica C. http://jessicac-portefolio.com/ &#160; &#160; Catherine : La honte est un sentiment qui revient souvent dans ce numéro. C’est drôle parce que c’est sûrement le moins intime des sentiments, le plus social de tous. C’est le groupe qui suscite la honte lorsque l’individu transgresse un tabou, une règle importante, voire une banale [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2015/10/Preliminaire.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1519" src="/wp-content/uploads/2015/10/Preliminaire.jpg" alt="Preliminaire" width="1000" height="700" srcset="/wp-content/uploads/2015/10/Preliminaire.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2015/10/Preliminaire-300x210.jpg 300w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></p>
<h2 style="text-align: right;">LE COLLECTIF</h2>
<p>Illustration:   <em>Préliminaire</em>, Jessica C. <a href="http://jessicac-portefolio.com/" target="_blank">http://jessicac-portefolio.com/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Catherine : La honte est un sentiment qui revient souvent dans ce numéro. C’est drôle parce que c’est sûrement le moins intime des sentiments, le plus social de tous. C’est le groupe qui suscite la honte lorsque l’individu transgresse un tabou, une règle importante, voire une banale convention. <a href="/de-facon-que-jexiste-moins/" target="_blank">Comme le dit Martine Delvaux dans ce numéro</a>, on fait honte aux femmes qui écrivent, en particulier à celles qui écrivent sur leur vie, « des histoires intimes, privées, minables, dépourvues d’universalité ». Ce n’est pas de la littérature. On fait honte aux femmes qui dénoncent l’inceste, le viol, la banale violence, le sexisme, le racisme, le capacitisme. Elles portent toujours l’odieux des agressions dont elles sont victimes, par un retournement de la réalité qui est proprement stupéfiant. On dénigre celles qui s’engagent, socialement, politiquement, si elles semblent être mues par des raisons personnelles. Reste chez toi, femme, parle de tes petites choses intimes à tes amies de filles. Laisse les hommes parler des choses importantes, des grandes choses, des choses de l’esprit. Écoute le psychanalyste, le philosophe et l’économiste te dire la vérité de ta sexualité, de ton âme, de ton ménage. Toi, tes amies, vos <em>sex toys</em>, vos aspirations et votre gestion quotidienne de vos jobs/études/enfants, vous en savez si peu. Et si tu tiens absolument à devenir toi-même quelque chose qui s’apparente de près ou de loin à ce qu’on appelle dans les médias un « expert », tu ferais mieux d’éloigner le plus possible tes recherches de ton expérience personnelle, intime, surtout si tu as l’intention d’en faire quelque chose de politique. Un, c’est pas objectif; deux, on ne va quand même pas, en plus de t’accorder un diplôme et de la crédibilité, te permettre de défendre les intérêts de tes semblables par la même occasion. La politique, laisse ça à Mathieu Bock-Côté.</p>
<p style="text-align: justify;">Julie : Parce que des femmes qui parlent de libido, d’avortement, de poils, de harcèlement de rue, de masturbation, de vergetures, des femmes qui choisissent de courir un marathon sans tampon alors qu’elles ont leurs règles, des femmes qui dénoncent la culture du viol qui règne sur plusieurs campus universitaires, ça ramasse pas beaucoup de cotes d’écoute et ça fait pas vendre beaucoup de journaux. Et, on va se le dire, quand des femmes osent prendre la parole ou la plume dans l’espace médiatique, il se trouve toujours un autoproclamé représentant de l’opinion publique pour venir leur dire qu’elles ne s’y prennent pas de la bonne manière. Facile de ridiculiser la prise de parole et les idées de quelqu’un quand on te donne une chronique dans le <em>Journal de Montréal</em> ou une émission au FM93. Pourquoi offrir une tribune à des femmes qui souhaitent témoigner d’une expérience traumatisante qu’elles ont vécue, dénoncer un phénomène social ou simplement parler du fait que c’est vraiment plate de devoir jeter une belle paire de bobettes parce que tu l’as tachée avec du sang menstruel? Les journaux intimes, c’est fait pour ça, non?</p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Michèle : C’est à se demander pourquoi ce thème a été si populaire auprès de nos collaboratrices. Personne ne veut entendre parler de l’intimité, mais tout le monde veut s’exprimer sur le sujet. Quand tu veux parler de ta dépression avec ta famille, tes collègues de travail ou une bonne connaissance, rares sont les personnes qui s’intéressent vraiment à tes états d’âme. Parler de son intimité sans y être clairement invitée, ça crée toujours un malaise et ce malaise nous renvoie à beaucoup de codes sociaux qui sont bousculés ces temps-ci. Les réseaux sociaux contribuent grandement à cette distanciation entre ce dont il nous paraît socialement acceptable de parler et ce qu’il faudrait taire. Je ne pense pas que cette nouvelle réalité soit à l’avantage des femmes.</p>
<p style="text-align: justify;">Certes, on pointe du doigt les professeurs agresseurs, on publie sur les réseaux sociaux le portrait d’un pédophile, mais c’est aussi l’endroit où on dénigre l’habillement d’une adolescente, où on affiche la vie sexuelle de jeunes filles qui ont voulu (on ont été forcée de) perdre leur virginité dans un party de finissants. « Le privé est politique » des féministes des années 1970 a pris dernièrement une drôle de tournure. Est-ce que ce slogan s’est retourné contre les femmes d’aujourd’hui? Est-ce que la surexposition du privé des femmes ne leur rajoute pas une pression supplémentaire?</p>
<p style="text-align: justify;">Valérie: Quand tu parles de la sexualité des femmes, y’a ben des chances qu’on finisse par te dire qu’elles en montrent trop, ou encore pas assez, que c’est trop cru, ou que c’est juste du « minouche minouche ». Autrement dit : « Vous, les femmes, tenez-vous-en au juste milieu, pis on va s’assurer qu’il soit le plus étroit possible. » À un moment donné, le « Allez donc chier », même s’il est libérateur, n’est plus satisfaisant : on veut agir. Mais comment? Y’a pas de solution magique, mais parler de sexualité, la montrer, la démystifier, la désacraliser, aussi, ça ne peut être qu’un pas dans la bonne direction. Et, dans cette veine, le projet photo de Satya tombait pile dans nos préoccupations. Mais c’est quand même drôle : parmi toutes les photos que Satya nous a soumises, laquelle a suscité le plus de commentaires pendant nos rencontres de travail? Ben oui : celle du pénis en gros plan. Même que ça nous est passé par la tête, à quelques-unes, pendant quelques secondes, de mettre cette photo en évidence pour le lancement de la revue. Pas juste parce que certaines d’entre nous n’en voient pas souvent, mais aussi parce que, tsé, ça aurait fait <em>big</em>, un pénis, sur un carton d’invitation. Un genre de <em>statement</em>. Mais bon, ça a duré cinq secondes, puis Catherine nous a ramenées à l’ordre : « Les filles, dans un numéro qui se consacre aux univers intimes féminins, on peut-tu, s’il vous plaît, ne pas mettre à l’avant-plan une photo qui suggère que notre intimité passe nécessairement par les hommes? » Bien entendu. Évidemment. Franchement, ça aurait été le boutte! Mais reste que ça m’est passé par la tête. Comme un réflexe. Un réflexe à déprogrammer parmi plein d’autres. Le patriarcat, tout en réduisant notre intimité à quelque chose de futile, ne s’est pas gêné pour l’investir.</p>
<p style="text-align: justify;">Marie-Andrée: Un numéro sur l’intimité parce qu’on ne devrait avoir honte ni de nos goûts, ni de ce que nous vivons en tant que femmes et féministes, ni de ce que nous sommes. Un numéro sur l’intimité parce que les écrits des femmes ont trop souvent été dévalorisés à tort, sous prétexte d’être trop personnels. Un numéro sur l’intimité parce qu’on jouit, ou pas. Parce qu’on rit, on pleure, on s’aime, ou pas. Un numéro sur l’intimité comme manière d’entrer dans la lutte. Un numéro sur l’intimité parce qu’on se bat.</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Un immense merci à Satya Jack de nous avoir permis d&rsquo;utiliser les images issues de son projet sur l&rsquo;intimité pour illustrer les articles de ce numéro. Vous pouvez voir son travail au <a class="_553k" style="color: #3b5998;" href="http://www.jackraw.com/" target="_blank" rel="nofollow">www.jackraw.com</a> et lire la description de son projet <a href="/satya-jack-et-lintimite-feminine/" target="_blank">ici</a>.</p>
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		<title>Pas d&#8217;économie des mots devant l&#8217;économie des moyens</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2015 17:59:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[4 Économie]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>2015, c’est l’année de la 4e édition de la Marche mondiale des femmes, lancée le 8 mars dernier, sous le thème « Libérons nos corps, notre terre et nos territoires ». Sept mois de résistance qui culmineront le 17 octobre, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté. 2015, c’est aussi la suite de 2012. La lutte à [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/uploads/2015/05/Edito.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-1292" src="/wp-content/uploads/2015/05/Edito.png" alt="Edito" width="600" height="838" srcset="/wp-content/uploads/2015/05/Edito.png 600w, /wp-content/uploads/2015/05/Edito-214x300.png 214w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">2015, c’est l’année de la 4<sup>e</sup> édition de la Marche mondiale des femmes, lancée le 8 mars dernier, sous le thème « Libérons nos corps, notre terre et nos territoires ». Sept mois de résistance qui culmineront le 17 octobre, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté.</p>
<p style="text-align: justify;">2015, c’est aussi la suite de 2012. La lutte à l’austérité n’est pas terminée. Les loups sont juste allés reprendre des forces et reviendront hurler dès que les négociations dans le secteur public auront échoué. Tiens, une entrevue avec Régine Laurent, on va essayer de vous offrir ça cet automne.</p>
<p style="text-align: justify;">En cette fin de printemps qui n’aura pas su tenir ses promesses, en attendant l’automne avec beaucoup d’espoir, nous vous offrons un numéro consacré à l’économie qui se décline en trois temps.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement féministe a été porteur de plusieurs revendications de nature économique : droit à la propriété, droit de disposer librement de son salaire, droit de gérer ses biens pendant et après un mariage, et plus près de nous, les questions de l’équité salariale et de l’accès aux postes de direction. Une part importante de la mobilisation féministe se joue dans le cadre imposé de l’économie libérale et du travail salarié.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/category/numero-4/travail-et-commerce/" target="_blank">Un premier dossier</a> abordera précisément la question de la présence des femmes dans deux des sphères qui font traditionnellement l’objet des études économiques, le travail et le commerce. Isabelle Joyal se penche sur <a href="/des-chemins-encore-inexplores-les-femmes-cadres-a-la-retraite/" target="_blank">les parcours des femmes cadres retraitées</a> et Élise Desaulniers explore <a href="/pour-changer-le-monde-il-faut-changer-le-code/" target="_blank">la trajectoire des femmes dans le secteur des technologies</a>. Sophie Imbeault aborde l’histoire méconnue des <a href="/la-veuve-guy-gerer-un-commerce-au-temps-de-la-conquete/" target="_blank">veuves commerçantes en Nouvelle-France</a> et Rachel Nadon propose une réflexion intime sur <a href="/ma-mere-louisa-may-alcott-et-moi/" target="_blank">la représentation des femmes qui travaillent</a> à la fois dans la littérature et au sein de sa famille. Julie Veillet a interviewé la colorée <a href="/on-est-toutes-des-francoise-bertrand-presidente-directrice-generale-de-la-federation-des-chambres-de-commerce-du-quebec/" target="_blank">Françoise Bertrand</a>, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec ; un portrait de Françoise qui vous étonnera.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;">Le mot « économie » vient du grec ancien <em>oikonomía</em>, qui signifie administration, gestion d’un foyer.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/category/numero-4/oikonomia/" target="_blank">Un second dossier</a> traitera de la tension entre le travail domestique, invisible, et le travail salarié. Nous avons posé à <a href="/le-care-dans-une-perspective-feministe/" target="_blank">Annie Cloutier</a> et à <a href="/le-care-entre-ethique-et-travail-de-reproduction/" target="_blank">Laurence Simard</a> la même question : Comment peut-on penser, dans une perspective féministe, notre rapport au travail salarié, dans l’idée de faciliter et de valoriser le <em>care</em> ? Ici, à partir d’un constat partagé (on ne valorise pas assez le soin donné aux personnes), deux points de vue s’exposent. Suivent plusieurs textes qui abordent de front la question du salaire au travail ménager. Camille Robert propose un <a href="/de-la-necessite-de-politiser-le-travail-menager-quelles-perspectives-pour-les-feministes-daujourdhui/" target="_blank">panorama historique</a> de cette question et nous reproduisons avec grand plaisir <a href="/lepouvantail-dans-le-jardin-suivi-dun-epilogue/" target="_blank">« L&rsquo;épouvantail dans le jardin »</a>, un texte que Louise Toupin avait publié sur le destin de cette revendication au Québec, dans le numéro hors-série de <em>La Vie en rose</em> paru en 2005, avec un épilogue de l’auteure. Marie-Ève Blais propose <a href="/penser-lhistoire-des-femmes-pour-une-lutte-contre-le-neoliberalisme/" target="_blank">un compte rendu </a>de la <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HjpiffdpRaI" target="_blank">conférence</a> offerte en février par Louise Toupin et Silvia Federici à Montréal et Isabelle Hudon propose une réflexion sur la dévalorisation du féminin et <a href="/la-force-politique-de-la-sollicitude-1-ou-pourquoi-leconomie-a-besoin-de-feminisme-radical/" target="_blank">la force politique de la sollicitude</a>. Enfin, les Contemplations du câlice proposent pour la première fois <a href="/faire-rechauffer-les-macaronis/" target="_blank">un texte de fiction</a> inspiré par la question de l’insécurité alimentaire.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/category/numero-4/resistance/" target="_blank">Un troisième dossier</a> porte sur des formes de résistance à la toute puissance de l’économie néo-libérale. Mickaël Bergeron dresse un bref portrait de <a href="/la-ruee-vers-le-financement/" target="_blank">trois entreprises féminines sociofinancées à Québec</a>. Manon Massé a accordé <a href="/du-pain-et-des-roses-20-ans-plus-tard-entrevue-avec-manon-masse/" target="_blank">une très généreuse entrevue</a> à Djanice St-Hilaire et effectue avec nous un retour sur les 20 ans de la marche <em>Du pain et des roses</em>. Anne-Marie Régimbald écrit <a href="/toi-pis-ton-char/" target="_blank">sur la colère et sur la violence des publicités de voiture</a>. Les chroniques de <a href="/4-lhomosexualite-queer-pour-faire-echec-au-capitalisme-heteronormatif/" target="_blank">Pierre-Luc Landry</a> et de <a href="/saint-echec/" target="_blank">Zishad Lak</a> font échec au capitalisme et à l’hétéronormativité en suggérant des moyens de rompre avec leurs grands récits totalisants, qu’il s’agisse de l’amour-toujours ou de la cabane à sucre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;">Et nous, le collectif éditorial de <em>Françoise Stéréo</em>, vous offrons avec plaisir ce numéro gratuitement. C&rsquo;est pas payant, mais on se valorise autrement.</p>
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<hr />
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<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Djanice St-Hilaire<br />
Julie Veillet</p>
<p>Graphisme: Djanice St-Hilaire<br />
Illustrations: Benoît Laflamme<br />
Révision: Julie Veillet</p>
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		<title>Punk&#8217;s not dead</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2015 13:31:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[3 La colère]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dédicace spéciale à nos filles et filleules : Clémence, Laure, Océanne, Sarah-Maude, Madeleine, Agathe, Jade, Fabienne, Flavie et Lou Salomé. Les raisons ne manquent pas pour être en calvaire ces temps-ci. Partout, la violence (physique, symbolique, économique) envers les femmes est systémique. Or, la colère et l’indignation ont été et restent des moteurs essentiels aux mouvements [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-961" src="/wp-content/uploads/2015/03/Edito-gris.png" alt="Edito gris" width="600" height="488" srcset="/wp-content/uploads/2015/03/Edito-gris.png 600w, /wp-content/uploads/2015/03/Edito-gris-300x244.png 300w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Dédicace spéciale à nos filles et filleules : Clémence, Laure, Océanne, Sarah-Maude, Madeleine, Agathe, Jade, Fabienne, Flavie et Lou Salomé.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Les raisons ne manquent pas pour être en calvaire ces temps-ci. Partout, la violence (physique, symbolique, économique) envers les femmes est systémique. Or, la colère et l’indignation ont été et restent des moteurs essentiels aux mouvements de lutte. À force d’en être témoin tous les jours, on pourrait penser qu’on s’habitue aux avancées des antiféministes, des masculinistes et des machos de ce monde, de même qu’à celles des faux alliés qui partagent leur <em>mansplaining</em> à coups de conseils paternalistes. Mais non. À chaque nouvel exemple, les bras nous tombent… et la colère monte et monte et monte.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci pourrait être un éditorial qui problématise et analyse la colère, cela, nous sommes capables de le faire. Mais quand nous pensons à nos filles, à nos filleules et à toutes les petites Françoise du monde, ça déborde et ça nous brise parfois trop pour en parler froidement. Nous joignons donc notre voix à celles de nos collaboratrices qui, à travers leurs multiples points de vue présentent un discours riche de concepts, de nuances, d’expériences. De Micheline Dumont à Zishad Lak, en passant par Aurélie Lanctôt, Marie-Anne Casselot, Catherine Mavrikakis, Martine Delvaux et bien d’autres, nous vous proposons des réflexions qui font état de la colère féministe ou de ses causes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais la colère n’est pas un objet qu’on peut regarder de loin, de manière neutre. Il est maintenant temps de lui lâcher la bride et de la laisser exploser, sans filtre, juste avec sa force vive, sa matière brute, en jouissant de son pouvoir libérateur. Parce que ce que nous trouvons beau, à <em>Françoise Stéréo</em>, c’est qu’à travers cette colère, on perçoit l’expression d’un soulèvement qui s’actualise. Et ça, les filles, nous en aurons besoin aujourd’hui, maintenant et pour longtemps; jusqu’au printemps et plus loin encore.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour finir (ou commencer!), voici une courte liste de personnes qui nous mettent en crisse. Nous vous proposons d’ajouter vos cris rageurs aux nôtres :</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211;       Tu nous énarves, Tania Longpré, avec ton <a href="http://www.journaldemontreal.com/2014/08/31/mon-sexe-ne-fait-pas-ma-competence" target="_blank">féminisme à 5 cennes</a> qui suggère que la libération de la femme passe par la possession d’une voiture;</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211;       Allez donc chez l’diable, les militants antichoix qui encombrez nos rues, nos <a href="http://ici.radio-canada.ca/regions/alberta/2015/03/02/001-manifestation-anti-avortement-go-life-universite-alberta-edmonton.shtml" target="_blank">universités</a> et nos vies en général;</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211;       Va chier, Couillard, avec tes politiques d’austérité qui font violence aux plus pauvres. On a hâte que tu lises notre prochain numéro sur l’économie;</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211;       On t’emmerde, Gab Roy, de banaliser la violence avec autant de dévouement et d’avoir l’ostie de culot de nous infliger ta grosse face insignifiante dans une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=adFMRcu1elc" target="_blank">vidéo</a> où tu « avoues tes torts » en fumant un cigare;</p>
<p style="text-align: justify;">&#8211;       Décôlissez donc de nos Internets, membres de l’odieux mouvement <em><a href="http://confusedcatsagainstfeminism.tumblr.com/" target="_blank">Women Against Feminism</a></em>[i];</p>
<p>&#8211;       Mangez d’la marde, Martineau et Duhaime, pour l’ensemble de votre œuvre démagogique;</p>
<p>&#8211;       Et on te méprise profondément, gouvernement canadien conservateur, de ne pas lever le petit doigt pour protéger les femmes autochtones, qui continuent de disparaître et de se faire tuer dans une indifférence quasi totale.[ii]</p>
<p><em>Punk’s not dead.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<hr />
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<p>&nbsp;</p>
<p>[i] Comptez pas sur nous pour leur faire de la pub.</p>
<p>[ii] Cette liste est non exhaustive.</p>
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<hr />
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<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Djanice Saint-Hilaire<br />
Julie Veillet</p>
<p>Graphisme: Djanice St-Hilaire<br />
Soutien technique: Yanick Landry<br />
Illustrations: Catherine Lefrançois, avec la collaboration de <span data-reactid=".22k.1:3:1:$comment369540713230498_369549719896264:0.0.$right.0.$left.0.0.1"><span data-ft="{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}" data-reactid=".22k.1:3:1:$comment369540713230498_369549719896264:0.0.$right.0.$left.0.0.1.$comment-body"><span class="UFICommentBody" data-reactid=".22k.1:3:1:$comment369540713230498_369549719896264:0.0.$right.0.$left.0.0.1.$comment-body.0"><span data-reactid=".22k.1:3:1:$comment369540713230498_369549719896264:0.0.$right.0.$left.0.0.1.$comment-body.0.$end:0:$0:0">Agathe (4 ans), Danaé (7 ans et demi), Fabienne (2 ans), Jade (3 ans), Laure (3 ans), Laurie (3 1/2 ans) et Maverick (6 ans et demi)</span></span></span></span>.<br />
Révision: Julie Veillet</p>
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		<title>La Poune, Miley Cyrus et nous</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2014 04:20:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[2 Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE COLLECTIF Les femmes sont les destinataires implicites des formes les moins légitimes de la culture populaire : le téléroman, la chanson sentimentale, la littérature érotique… C’est bien normal : la hiérarchie culturelle est déterminée par les idéologies qui structurent la Cité. Dans cette hiérarchie, une pratique culturelle, qu’il s’agisse de danse en ligne ou de ballet, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="/wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR.png"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-323" src="/wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR.png" alt="CouvertureLR" width="700" height="700" srcset="/wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR.png 700w, /wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2014/11/CouvertureLR-100x100.png 100w" sizes="(max-width: 700px) 100vw, 700px" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">LE COLLECTIF</p>
<p style="text-align: justify;">Les femmes sont les destinataires implicites des formes les moins légitimes de la culture populaire : le téléroman, la chanson sentimentale, la littérature érotique… C’est bien normal : la hiérarchie culturelle est déterminée par les idéologies qui structurent la Cité. Dans cette hiérarchie, une pratique culturelle, qu’il s’agisse de danse en ligne ou de ballet, trouve sa place en fonction de la position de ses adeptes sur l’axe classe ouvrière/classe supérieure, mais aussi sur les axes gauche/droite, racisé.es/blanc.hes, femmes/hommes, en somme dominé.es et dominant.es.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis les années 1960 au Center for contemporary cultural studies et avant, à l’École de Francfort, les travaux en études culturelles ont mis de l’avant deux perspectives complémentaires. D’une part s’est imposée l’idée que l’on pouvait étudier la culture des classes populaires pour elle-même. D’autre part, on a montré que dans la culture de masse se reproduisent des rapports de domination fondés sur la classe, la race et le sexe. À partir de ces travaux, on a pu envisager la culture comme un prisme qui révèle cet ensemble de croyances et d’usages qui nous déterminent et que Pierre Bourdieu a judicieusement nommé l’habitus.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les années 1990, le sociologue américain Richard Peterson, digne héritier de Bourdieu, a montré qu’une transformation radicale s’était opérée dans certains habitus. En effet, la <em>distinction</em> passe désormais par un choix éclairé dans un vaste registre d’objets culturels. Ainsi, dans la discothèque d’un cadre supérieur, aux côtés de Mozart peuvent désormais se trouver Chuck Berry et ABBA. La démocratisation de l’éducation, l’accession massive aux études supérieures, mais surtout le poids démographique de ceux qui ont permis l’explosion du rock and roll puis de la contre-culture des années 1960 ont mené à la légitimation d’une partie de la culture populaire. Cette légitimité nouvelle a permis la mise au jour de préoccupations neuves, portées par des artistes provenant de classes muselées jusqu’alors, incluant les femmes, qui, convenons-en, ont été pratiquement exclues du canon que nous ont laissé les belles années de la culture avec un grand C. Trop peu de George Sand, de Clara Schumann, vraiment pas assez de Leonor Fini et de <a title="Lumière sur Berenice Abbott" href="/lumiere-sur-berenice-abbott/" target="_blank">Berenice Abbott</a> ont été reconnues. À quel point a-t-il fallu que les femmes soient plus <a title="Les femmes d’exception" href="/les-femmes-dexception/" target="_blank">exceptionnelles</a> que les hommes pour être considérées?</p>
<p style="text-align: justify;">Les études culturelles sont fondées sur un paradigme dans lequel la production et la réception sont mises en dialogue constant. Tenir compte de cette dynamique entre les pratiques ou les œuvres et les individus ou les groupes qui se les approprient ouvre de nouvelles possibilités d’analyse. Avec l’École de Francfort, l’accent était mis sur les processus de production des œuvres, sur leur caractère sériel et sur leur rôle dans le maintien de l’hégémonie culturelle des classes dominantes. Aujourd’hui encore, c’est à partir de cette grille qu’on affirme que la culture de grande consommation ciblant les femmes contribue à en faire les agentes de leur propre aliénation. C’est avec cette même grille qu’Antonio Gramsci nous dirait que les amateurs de Formule 1 se leurrent eux-mêmes en s’imaginant, le temps de quelques jours, pouvoir s’approprier le mode de vie du 1 %. Or, introduire la perspective de la réception montre qu’on peut faire acte de résistance en subvertissant la fonction supposée de ces produits; par exemple, pour Janice Radway, la lecture des romans à l’eau de rose représente pour les ménagères un espace de liberté dans une journée réglée au quart de tour, espace qui leur permet de s’extraire de la position qu’on leur a assignée.</p>
<p style="text-align: justify;">La position que la société assigne aux femmes se donne donc à voir dans certains présupposés sur les destinataires de la culture populaire. Elle transparaît aussi dans la réception des performances données par les femmes artistes. On s’attend d’elles qu’elles ne franchissent pas certaines limites, limites qui ne sont pas imposées aux hommes : alors que Robin Thicke peut mimer la sodomie sur scène, Miley Cyrus, elle, ne peut certes pas <em>twerker </em>impunément. Ce double standard révèle ce qui est maintenant une évidence. L’homme qui met en scène sa sexualité est un sujet, un agent jouissant de son libre arbitre; la femme qui en fait autant devient un objet et se déshumanise. Il faut l’admettre : une femme qui s’affranchit et qui devient sujette de sa sexualité dérange. Si on considère que la réception peut être subversive, il faudrait aussi reconnaître aux femmes la possibilité d’être elles aussi des agentes de leur sexualité et de renverser leur rôle de dominée par sa représentation, comme on l’a bien concédé à Madonna en son temps.</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, Miley Cyrus et son <em>twerking</em> constituent un cas de figure particulièrement intéressant, car il révèle l’intersection des différentes oppressions et la complexité de leur articulation autour des axes blanc.hes/racisé.es, puis hommes/femmes. Ainsi, il est tout à fait possible de critiquer, d’un point de vue féministe, l’appropriation culturelle d’une danse afro-américaine par une Blanche (dominante) et l’utilisation du corps des femmes noires comme accessoires à sa performance. Si ces critiques nous permettent de mettre au jour d’autres formes de domination, la remise en question de la représentation du sexe en tant que sexe, elle, ne nous permet pas d’aller très loin dans l’analyse.</p>
<p style="text-align: justify;">Ici semble apparaître une des dernières frontières qui séparent l’art du divertissement. À l’opéra, au théâtre, en danse moderne, dans l’art de performance, au cinéma, il est communément admis que l’œuvre est une fiction, une représentation. Cette convention dégage les interprètes de (presque) toute responsabilité par rapport aux propos qu’ils transmettent, et laisse aux créateur.trices la latitude permise par la liberté d’expression; découle de cette convention une réception de type analytique où le second degré est pris en considération. Il n’est plus aucun tabou qui n’ait été brisé par les avant-gardes : viol, tuerie, robe de viande. Aux artistes populaires, au contraire, on impose l’adéquation entre leur personne et leur <em>persona</em>, entre leur vie privée et l’œuvre qu’ils proposent, prise au premier degré. Il n’est venu à l’idée de personne de traiter Charlotte Gainsbourg d’obsédée pathologique après avoir visionné <a href="http://www.imdb.com/title/tt1937390/" target="_blank"><em>Nymphomaniac</em></a>, alors qu’une <a href="http://series-tv.premiere.fr/News-Series/Breaking-Bad-Critiquee-Anna-Gunn-defend-Skyler-3825744" target="_blank">vague de haine</a> a déferlé sur Anna Gunn, qui joue la femme de Walter White dans <em>Breaking Bad</em>. On constate le même double standard du côté de la musique populaire, dont on accuse souvent les artistes de promouvoir la violence, notamment, comme si on refusait d’emblée toute dimension critique à leurs œuvres. Pour toute production culturelle, le discours de l’artiste sur son œuvre, le contexte dans lequel il la présente et l’adéquation entre les valeurs qu’il dit porter et ses actions réelles devraient être pris en considération : d’une part, représenter n’est pas toujours cautionner, et d’autre part, la liberté d’expression ne devrait pas être un argument servant à étouffer toute critique.</p>
<p style="text-align: center;">*  *  *</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="/category/numero-2/" target="_blank">Avec ce numéro</a>, nous n’entendons bien sûr pas résoudre l’ensemble des questions qu’il pose (nous l’aurions souhaité, mais nous avons l’impression que cela risque de prendre encore quelques années). Nous n’avons pas non plus voulu entrer dans un débat qui viserait à distinguer clairement les comportements vraiment féministes des tentatives de récupération commerciale[1]. Mais contre la condescendance de la <a title="Country, folklore et consommation ironique : Regarder vers le bas" href="/country-folklore-et-consommation-ironique-regarder-vers-le-bas/" target="_blank">consommation ironique</a>, contre la hiérarchisation en fonction de critères déterminés par ceux qui nous dominent, ce numéro se positionne pour la culture pop, certes, mais peut-être surtout pour une analyse de ses objets et pratiques qui révèle la complexité des problèmes qu’ils soulèvent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes conscientes qu’aborder la culture populaire maintenant, alors que tant de nos camarades osent enfin dénoncer les agressions sexuelles qu’elles ont subies, peut paraître quelque peu décalé. Nous tenons à exprimer ici une solidarité inaltérable avec ces <a href="http://jesuisindestructible.tumblr.com/" target="_blank">indestructibles</a> et à inviter notre lectorat à nous soumettre un texte, avant le 15 janvier 2015, pour notre prochain numéro qui portera sur la colère. Alors que la musique pop est remplie d’allusions à la violence sexuelle et qu’on continue d’écouter avec révérence « She was just seventeen / You know what I mean » ou « I’d rather see you dead little girl than to be with another man », il nous faut lutter contre la représentation haineuse des femmes, contre la glorification de la violence et du viol. D’autant plus qu’on se formalise encore des femmes qui affichent leur sexualité en pensant au modèle qu&rsquo;elles offrent aux filles, quitte à soit les lyncher sur la place publique, soit leur accoler systématiquement et sans nuance le statut avilissant de victimes inconscientes (connes? nunuches?) d’une machine plus forte qu’elles et qui les dépasse, les emporte. Contre cela, par sa seule existence, mais peut-être surtout en opposant aux lectures simplistes une réflexion riche, plurielle, collective, <em>Françoise Stéréo </em>résiste. Et vous?</p>
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<p>[1] Voir ce <a href="http://www.gazettedesfemmes.ca/10120/beyonce-emma-et-nous/" target="_blank">récent article</a> de la Gazette des femmes.</p>
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<p><strong>Collectif éditorial</strong><br />
Marie-André Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Djanice Saint-Hilaire<br />
Julie Veillet</p>
<p>Graphisme: Djanice St-Hilaire<br />
Soutien technique: Yanick Landry<br />
Illustrations: Catherine Lefrançois<br />
Révision: Julie Veillet</p>
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		<title>Viarge! Pourquoi Françoise Stéréo?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Françoise Stéréo]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2014 20:00:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[1 Sans thème]]></category>
		<category><![CDATA[VIARGE! - Éditoriaux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>LE COLLECTIF &#160; On va nous poser la question, aussi bien y répondre tout de suite. Pourquoi sentir le besoin de s’exprimer en tant que féministes dans un Québec où, nous dit-on, les femmes sont choyées? D’abord, nous ne nous sentons pas si « choyées » lorsque nous voyons une publicité pour un MILF-O-THON (dont MamZelle Tourmente [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="alignleft wp-image-119 " src="/wp-content/uploads/2014/06/Programmatique_Viarge_656x490-300x224.png" alt="Programmatique_Viarge_656x490" width="371" height="278" srcset="/wp-content/uploads/2014/06/Programmatique_Viarge_656x490-300x224.png 300w, /wp-content/uploads/2014/06/Programmatique_Viarge_656x490-65x50.png 65w, /wp-content/uploads/2014/06/Programmatique_Viarge_656x490.png 656w" sizes="(max-width: 371px) 100vw, 371px" />LE COLLECTIF</p>
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<p>On va nous poser la question, aussi bien y répondre tout de suite. Pourquoi sentir le besoin de s’exprimer en tant que féministes dans un Québec où, nous dit-on, les femmes sont choyées? D’abord, nous ne nous sentons pas si « choyées » lorsque nous voyons une publicité pour un MILF-O-THON (dont MamZelle Tourmente nous parle <a href="http://mamzelltourmente.blogspot.ca/2014/02/je-vous-encourage-ne-pas-frequenter.html">ici</a>), des autocollants TDF (toutes des folles) sur vos chars ou encore ces jouets d’enfants que les fabricants tiennent mordicus à diviser garçon/fille pour nous montrer à quel point nous sommes différentes (un <a href="http://www.toysrus.ca/product/index.jsp?productId=15647616">mini aspirateur rose et mauve</a> pour Noël ma grande?). Ensuite, l’égalité réelle est loin d’être atteinte. Les femmes continuent d’être victimes de nombreuses violences, parfois dans l’indifférence totale; pensons aux centaines de femmes autochtones <a href="http://www.nwac.ca/fr/communiqu%C3%A9-de-presse-%E2%80%93-pour-diffusion-imm%C3%A9diate-2014-05-16-fr">assassinées ou disparues</a>. Qu’on considère le <a href="http://www.statcan.gc.ca/pub/89-503-x/2010001/article/11388/c-g/c-g001-fra.htm">revenu total</a> ou le <a href="http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/labr69a-fra.htm">salaire horaire</a>, elles continuent d’être payées moins que les hommes. S’il est vrai qu’elles semblent favorisées dans le milieu scolaire (elles sont, par exemple, plus nombreuses que les hommes à être titulaires de diplômes de baccalauréat), leur capital scolaire n’est pas automatiquement <a href="http://www.lapresse.ca/actualites/education/201402/27/01-4743080-des-etudes-postsecondaires-saverent-payantes-a-long-terme.php">converti</a> en un capital économique conséquent.</p>
<p>Féministes, d’accord, mais pourquoi une revue? Parce que trop peu de femmes prennent la parole dans les revues intellectuelles au Québec. Dans les médias en général, les chroniqueurs et les experts se prononçant sur des enjeux culturels, politiques, sociaux et économiques sont en très forte majorité des hommes; les femmes sont trop souvent cantonnées aux « intérêts féminins » (le courrier du cœur, la consommation, les sections vivre et bien vivre, parce qu’il faut évidemment performer aussi dans le « vivre »), à la critique légère et aux questions reliées à leurs fonctions traditionnelles (soins, famille, éducation et petite enfance). Oui, oui, il y a des femmes de pouvoir et des hommes qui tiennent des chroniques d’horticulture. Des exceptions. La grille d’analyse féministe est parfois présente dans certains médias de gauche, mais elle ne se retrouve que ponctuellement dans des publications plus généralistes et fait toujours l’objet d’un certain <a href="http://www.amazon.com/Feminism-Ugly-Truth-Mike-Buchanan/dp/0956641695">mépris</a>.</p>
<p><em>Françoise Stéréo</em> sera donc une revue intellectuelle et d’idées portée par le projet féministe, ouverte à son lectorat et curieuse de tout. Nous croyons qu’il est toujours nécessaire d’affirmer nos féminismes et souhaitons joindre nos voix à celles qui existent déjà. Nous saluons le travail des revues savantes féministes (<em>Recherches féministes</em>, <em>FéminÉtudes</em>), des Éditions du remue-ménage, des intellectuelles québécoises qui montent au front, et bien sûr de toutes ces filles qui s’activent sur le Web, chez <a href="http://www.jesuisfeministe.com/">jesuisféministe</a> par exemple, pour ne nommer qu’elles. Nous voulons également mettre en valeur l’héritage de celles qui nous ont précédées; dans ce premier numéro, dédié à Hélène Pedneault, Françoise Guénette nous parle de son passage à <em>La Vie en rose</em>.</p>
<p>La revue est dirigée par un comité éditorial non mixte et la publication sera trimestrielle. Les numéros seront organisés autour de dossiers thématiques qui comprendront des textes longs permettant de traiter d’un sujet en profondeur. En plus des textes faisant partie du dossier, diverses rubriques récurrentes marqueront la nature périodique de la publication et pourront donner lieu à des textes personnels, humoristiques ou revendicateurs. Parmi nos collaboratrices, Lucie Joubert sera notre gérante d’estrade,Caroline Allard nous donnera son point de vulve et Pierre-Luc Landry s’occupera à la déconstruction des stéréotypes. En revanche, les textes du dossier vont se caractériser par un contenu plus analytique. Toutes les approches sont bienvenues : analyses littéraires et linguistiques, politiques, sociologiques, philosophiques, historiques pourront se côtoyer dans un même numéro.</p>
<p>Les féminismes sont nombreux; <em>Françoise Stéréo </em>entend faire résonner les voix d’un mouvement pluriel et pourra être un lieu de débat. Le flambeau que nous ont passé nos mères et nos grands-mères n’est pas éteint. Nous comptons le lever bien haut pour éclairer la pensée des unes et les préjugés des autres.</p>
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<p>Le collectif</p>
<p>Marie-Andrée Bergeron<br />
Valérie Gonthier-Gignac<br />
Djanice St-Hilaire<br />
Catherine Lefrançois<br />
Marie-Michèle Rheault<br />
Julie Veillet</p>
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