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	<title>Les âges de la vie Archives - FRANCOISE STEREO</title>
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		<title>Une lettre de toi</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 13:25:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MARIE-CHRISTINE Illustration: Anne-Christine Guy Il y a maintenant plusieurs semaines que j&#8217;ai reçu ta lettre. Quand le facteur m&#8217;a tendu l’enveloppe dans l&#8217;entrée de l’immeuble, j&#8217;ai tout de suite su que c&#8217;était toi. Cette réponse, je ne l&#8217;attendais pas. Je ne croyais pas que tu prendrais du temps pour moi. Depuis que j&#8217;ai lu tes [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="Standard"><span lang="FR"><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3228" src="/wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre.jpg" alt="" width="1000" height="1000" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Marie-lettre-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></span></p>
<h2 class="Standard" style="text-align: right;">MARIE-CHRISTINE</h2>
<p class="Standard">Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Il y a maintenant plusieurs semaines que j&rsquo;ai reçu ta lettre. Quand le facteur m&rsquo;a tendu l’enveloppe dans l&rsquo;entrée de l’immeuble, j&rsquo;ai tout de suite su que c&rsquo;était toi. Cette réponse, je ne l&rsquo;attendais pas. Je ne croyais pas que tu prendrais du temps pour moi. </span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Depuis que j&rsquo;ai lu tes mots, je fais comme si rien n&rsquo;avait changé, comme si je n&rsquo;avais jamais eu ce bout de papier entre les mains. Je me demande si j&rsquo;ai bien fait de t’écrire. Je trouvais ça plus facile avant. Maintenant, j&rsquo;attends le moment où j&rsquo;aurai le courage de réfléchir à tout ça, de me plonger dans ce passé qui, semble-t-il, n&rsquo;est plus le mien. J&rsquo;ai enfoui les souvenirs de ces années troubles au fond de ma mémoire. Les déterrer me semble une tâche énorme. Je crains une explosion. En plein visage.</span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Je vois, tous les matins, sur la table du salon, l&rsquo;album photo qui accompagnait ta lettre. Je l&rsquo;ai posé là après l&rsquo;avoir feuilleté avec émotion. La poussière s&rsquo;y accumule au fil des jours. Il fait maintenant partie de mon décor, je ne le vois plus. Je n&rsquo;ai même pas envie de l&rsquo;ouvrir à nouveau.<a href="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png"><img decoding="async" class="alignright wp-image-3196 size-medium" src="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-768x768.png 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-100x100.png 100w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">L&rsquo;éternité qui nous sépare a déformé la vision que j&rsquo;ai de toi. Je ne te connais plus. J’ai oublié tes qualités, j&rsquo;ai grossi tes défauts. Je ne t&rsquo;appelle plus maman, je ne suis plus capable. Je ne sais même pas si je t&rsquo;aime. Et toi, m&rsquo;aimes-tu? Une mère doit aimer sa fille, il me semble. À croire que ça n&rsquo;a plus été possible pour toi non plus. </span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Dans l’album, une photo m’a particulièrement touchée. Tu me tiens dans tes bras, j&rsquo;ai quelques mois, à peine. Tu me regardes comme si j&rsquo;étais le plus bel être du monde. Comment est-ce possible? Tout a changé en si peu de temps.</span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">J’ai l’âge, depuis bien longtemps, d’être mère à mon tour. Et pourtant, mon horloge biologique ne sonne toujours pas. Je ne crois pas un jour me faire appeler maman. Je ne sais pas si c&rsquo;est à cause de la relation que nous n’avons pas ou si je suis simplement programmée ainsi. Tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas reproduire ce malaise de génération en génération. </span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Car tu sais, au fond, si je t’ai écrit, c’est que j’attends toujours un geste de ta part. Même toute petite, alors que je vivais sous ton toit, tu n’étais pas vraiment là. Tu étais trop prise par la boisson, par ton mari malade, par ton propre passé tordu. Je me suis toujours sentie invisible. J’ai souvent eu l’impression que tu ne nous avais pas voulus, mon frère et moi. C’est à l’adolescence, quand j’ai vu mes amies interagir avec leur mère, que j’ai pris conscience de la différence de notre relation. Je sentais déjà que ton rôle de mère te pesait lourd sur les épaules, mais de voir les autres mamans être de vraies mamans, s’inquiéter, se sacrifier, consoler, aimer, n’a que confirmé que je n’avais pas tort de me sentir de trop.</span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">Quand j’ai décidé, à 16 ans, de quitter la maison pour aller vivre en maison de chambres avec des inconnus, j’ai senti de part et d’autre, un soulagement immense. Enfin, nous étions libérées l’une de l’autre. À la suite de mon départ, je me suis longtemps fait croire que ta disparition n’était que bénéfique pour moi. Que de toute façon, j’étais capable toute seule, je n’avais pas besoin de toi. Je me débrouillerais bien, comme j’ai toujours fait. Pourtant, des années plus tard, je ressens un vide. Ou plutôt, une immense boule remplie de colère et de peine. L’ignorer est devenu trop difficile. </span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">À la lecture de ta réponse, j’ai su que je ne pouvais pas te demander plus. Tu m’as donné tout ce que tu pouvais. Je l’avoue, j’espérais une autre réponse que celle que j’ai reçue. Les choses ne changeront pas. Je dois faire mon deuil. </span></p>
<p class="Standard"><span lang="FR">L’album que tu m’as envoyé est le plus beau souvenir qu’il me restera de nous deux. Un jour, je l’ouvrirai à nouveau, sereinement.</span></p>
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		<title>Le bonheur du temps, à la retraite!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 13:22:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
		<category><![CDATA[Les âges de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MICHELINE THERRIEN Illustration: Anne-Christine Guy &#160; Je m’appelle Micheline. Depuis déjà cinq ans, je suis retraitée. Je suis libre de mon temps, tout le temps. À cette étape de ma vie, j&#8217;ai réalisé que le travail ne gouverne plus mes allées et venues, il ne règle plus mes jours, mes nuits, mon sommeil, mon énergie. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Therrien.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3224" src="/wp-content/uploads/2017/05/Therrien.jpg" alt="" width="1000" height="1000" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Therrien.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2017/05/Therrien-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Therrien-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Therrien-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Therrien-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Therrien-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></p>
<h2 style="text-align: right;">MICHELINE THERRIEN</h2>
<p>Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Je m’appelle Micheline</strong>. <strong>Depuis </strong><strong>d</strong><strong>éj</strong><strong>à cinq ans, je suis retraitée. Je suis libre de mon temps, tout le temps. À cette étape de ma vie, j&rsquo;ai réalis</strong><strong>é que le travail ne gouverne plus mes allées et venues, il ne règle plus mes jours, mes nuits, mon sommeil, mon énergie. Mon temps est là, disponible, entier.</strong></p>
<p><strong> </strong>Je le savoure donc pleinement et j’apprécie tous les jours cette liberté que me donne la retraite. Je me suis demandé souvent comment les gens à la retraite autour de moi occupaient leur temps. La majorité des personnes qui m’en ont parlé sont unanimes. La liberté perpétuelle que leur a donnée la retraite est un précieux cadeau. Je partage avec vous quelques-unes de leurs confidences.</p>
<p>Pour certains, voire plusieurs, c&rsquo;est le temps de savourer le bonheur d&rsquo;être avec leurs petits-enfants. Une grande joie les anime juste de les regarder s&rsquo;émerveiller devant les découvertes de la vie ou grandir. Curieusement, personne ne m&rsquo;a parlé d&rsquo;ennui, et croyez-le ou non, certains manquent de temps.</p>
<p>Ayant été travailleur de nuit durant 20 ans, Rénald a pris un certain temps à apprivoiser sa nouvelle liberté. Un jour qu&rsquo;il tondait sa pelouse, il s’est arrêté complètement et a éteint sa tondeuse. Il venait de réaliser tout à coup qu&rsquo;il n&rsquo;irait pas travailler cette nuit&#8230; et les suivantes. Il s&rsquo;adonne maintenant à ses passions, le jardinage et la culture autochtone, entre autres. Chaque été, il fleurit sa maison, ensemence son jardin en compagnie de sa conjointe Nycol pour en récolter par la suite les fruits et les légumes. Amant de la nature et membre du Clan du chevreuil, il s&rsquo;initie aux valeurs autochtones, dont le respect envers la mère Terre, parmi les plus importantes.<a href="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png"><img decoding="async" class="alignright wp-image-3196 size-medium" src="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-768x768.png 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-100x100.png 100w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Secrétaire de l&rsquo;Afeas Saint-Eugène, Denise profite presque tous les jours des métiers à tisser mis à sa disposition pour pratiquer le tissage. Une soirée par semaine, elle sort mettre en pratique ses cours de danse sociale. Elle s’initie aussi à la broderie sur cartes une fois par mois. Et pourquoi pas quelques heures par semaine comme brigadière scolaire? Ça lui permet d&rsquo;arrondir ses fins de mois et surtout d’échanger avec les écoliers!</p>
<p>Gaston me confie que la retraite a été une renaissance pour lui. Il prend maintenant le temps de découvrir les beautés du monde, le temps de mieux connaître les gens qui l&rsquo;entourent. Finies les contraintes liées au travail, tout devient accessible, possible. « Le monde s&rsquo;ouvre à toutes les découvertes et à toutes les rencontres à qui ose encore rêver, ce que m&rsquo;offre la retraite », raconte-t-il. Grand amateur de pêche, il peut désormais taquiner le poisson autant qu&rsquo;il veut et quand il le veut. Il a tout son temps. De plus, le goût de voyager commence à le titiller, et il en profite dès à présent.</p>
<p>Ginette raconte : « Les premières fois que je suis sortie marcher comme retraitée, c’est vraiment là que j’ai réalisé que mon temps m’appartenait à présent. Je pouvais marcher aussi longtemps que je le voulais et flâner. Prendre mon temps. Cela m’a fait sourire, je me suis sentie heureuse et choyée! » La retraite lui a permis d&rsquo;agrandir son réseau de connaissances en dehors du travail, soit au gym, soit en jouant aux quilles. Elle a ainsi connu de bien belles personnes. Elle ajoute : « Prendre un bain en plein après-midi, pourquoi pas, quelle joie! »</p>
<p>Passionnés de vélo, Roger et Jeannette sont partis pour un périple de cinq semaines en France cet été, un rêve qu&rsquo;ils chérissaient depuis longtemps. C&rsquo;est le temps pour eux de voyager, de partir à l&rsquo;aventure et ils en apprécient chaque moment. Ils recommenceront!</p>
<p>Danielle déclare pour sa part que la retraite vient avec un coffret aux trésors. « Quand tu soulèves le couvercle, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un seul trésor&#8230; du temps. Avec ce trésor, c&rsquo;est toute la vie qui est magnifiée&#8230; Extrapoler pour la suite est un jeu d’enfant », affirme-t-elle sans ambages.</p>
<p>Pour ma part, comme j’ai toujours aimé la culture, je passe beaucoup de mon temps libre soit dans un musée ou une galerie, soit dans une balade historique dans un quartier de Montréal… un pur bonheur. Férue de littérature également, je plonge dans mes livres tous les jours. Et ma plus grande satisfaction, c’est que la retraite me permet de réaliser mon rêve de jeunesse de faire le tour du monde. J&rsquo;ai déjà visité plusieurs destinations à ce jour, et je me prépare en ce moment pour un périple de 20 jours en Chine. Cet automne, je partagerai ce bonheur du temps avec mon conjoint Martin, un nouveau retraité.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le temps du féminisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 13:18:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
		<category><![CDATA[Les âges de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CAROLINE BÉLISLE Illustration: Anne-Christine Guy Longtemps j&#8217;ai cru que « féministe » n&#8217;était pas une caractéristique que j&#8217;avais, ou que j&#8217;avais besoin d&#8217;avoir. En bonne génération Y, j&#8217;ai grandi avec l&#8217;idée acquise que les garçons et les filles étaient égaux et que tous et toutes pouvaient faire ce qu&#8217;elles et ils voulaient. J&#8217;ai aussi eu des modèles [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Belisle.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3195" src="/wp-content/uploads/2017/05/Belisle.jpg" alt="" width="1000" height="1000" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Belisle.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2017/05/Belisle-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Belisle-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Belisle-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Belisle-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Belisle-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></p>
<h2 style="text-align: right;">CAROLINE BÉLISLE</h2>
<p style="text-align: left;">Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p>Longtemps j&rsquo;ai cru que « féministe » n&rsquo;était pas une caractéristique que j&rsquo;avais, ou que j&rsquo;avais besoin d&rsquo;avoir. En bonne génération Y, j&rsquo;ai grandi avec l&rsquo;idée acquise que les garçons et les filles étaient égaux et que tous et toutes pouvaient faire ce qu&rsquo;elles et ils voulaient. J&rsquo;ai aussi eu des modèles de femmes fortes dans les deux générations qui me précèdent.</p>
<p>En 1970, ma grand-mère paternelle travaillait comme dessinatrice de plans dans une mine de fer. Dans un monde d&rsquo;hommes, dur, prêt à tout pour la faire tomber. Ils se sont heurtés à une femme intelligente, compétente et qui n&rsquo;avait pas l&rsquo;intention de s&rsquo;excuser d&rsquo;être au poste qu&rsquo;elle occupait.</p>
<p>Ma mère a quitté la ferme familiale pour aller étudier l&rsquo;aéronautique à Montréal. Encore un monde d&rsquo;hommes. Encore la seule ou une des premières femmes. Et encore une fois, ils se sont retrouvés face à une femme brillante, qui excellait dans son boulot et à la langue bien pendue, déterminée à gagner le respect et la reconnaissance de ses collègues. <a href="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png"><img decoding="async" class="alignright wp-image-3196 size-medium" src="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-768x768.png 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-100x100.png 100w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Leurs histoires, on me les a racontées souvent depuis que je suis petite. Alors j’ai toujours cru que je n&rsquo;avais pas à mener de combat féministe. Le cliché de la femme enragée qui brûle son soutien-gorge dans la rue, ma grand-mère et ma mère l&rsquo;avaient incarné pour moi, à leur manière, il ne me restait qu&rsquo;à vivre en tant que femme égale à l’homme dans cette société qu’elles avaient façonnée pour moi. Bien sûr, j&rsquo;ai vécu les commentaires sexistes, les regards pas toujours dans les yeux (mais bien 30 cm plus bas), les blagues douteuses, mais je mettais de côté ces évènements du revers de la main et continuais à avancer.</p>
<p>Puis, 2016 s&rsquo;est pointé le nez. Déjà maman d&rsquo;un petit garçon de 3 ans, j&rsquo;ai donné naissance à ma fille. Tout en pensant à son éducation future et au modèle de femme que je veux être pour elle, les nouvelles dans les médias se sont chargées de donner un solide coup de pied au derrière de ma fibre féministe.</p>
<p>Brock Turner, la culture du viol dans les universités, Donald Trump et Hillary Clinton, Safia Nolin, les journalistes sur le tapis rouge des Oscars qui s&rsquo;efforçaient de questionner sérieusement les actrices au lieu de parler de leurs tenues. Je regardais tout ça en me disant « c&rsquo;est injuste ».</p>
<p>Je crois que l&rsquo;idée de l&rsquo;égalité des sexes est bien installée dans notre société, mais est-elle franchement appliquée ? On répète aux petites filles qu’elles peuvent faire ce qu’elles veulent, le rose n’est plus un automatisme dans leurs vêtements, elles jouent au hockey et au soccer. Mais il est encore tellement difficile de briser les plafonds de verre, de se faire une place comme femme dans un monde d’hommes sans qu’on reconnaisse notre véritable talent (j’entends trop souvent « elle couche avec un tel pour avoir cette position »). On apprend donc aux jeunes filles qu’elles sont les égales des garçons et on trouve tellement adorable qu’elles fassent comme eux. On leur laisse les petites victoires, les grosses, comme diriger une entreprise par exemple, sont encore réservées aux hommes, blancs de surcroît.</p>
<p>Je n&rsquo;irai pas brûler mon soutien-gorge dans une manif féministe, mais j&rsquo;apprendrai à mon fils à traiter les femmes avec respect. J&rsquo;élèverai la voix pour défendre une consœur quand un commentaire déplacé se fera entendre. Je soulignerai le sexisme d&rsquo;un propos, même ceux de chéri lorsqu&rsquo;il regarde la télé. Surtout devant fiston. J&rsquo;arrêterai de rire jaune quand on me racontera une « joke de mononcle » et je répondrai « ce n’est pas drôle ».</p>
<p>Ces commentaires, ces blagues sont tellement ancrés dans notre quotidien qu&rsquo;on n’y voit même plus le sexisme. Perso, dans le domaine où je travaille, 10 %-15 % des employé(e)s sont des femmes. Si vous saviez combien de fois, au début de ma carrière, je me suis fait siffler par des collègues de travail, combien de fois on m’a raconté des « jokes de blondes ». J’ai commencé par rire jaune, puis j’ai répliqué « ce n’est pas drôle » sans sourire. Le comique qui pensait faire rire la galerie a eu l’air un peu con quand les autres ont réalisé que je ne trouvais pas ça drôle et que personne n’a ri. Souvent, ces mots sont dits par des gens qui se disent pour l’égalité des sexes. Ils y repenseront ensuite à deux fois avant de répéter leur propos. Pour quelque chose qui est si profondément ancré dans notre mentalité, c’est seulement petit à petit qu’on pourra changer.</p>
<p>Avec un peu d’espoir, fiston jugera une consœur de travail pour son talent et non pour la profondeur de son décolleté, il ne racontera pas de blagues de « blondes » plus tard et il respectera une fille qui lui dit « non ».</p>
<p>Et fillette sera jugée pour ce qu’elle a dans la tête et non pour son t-shirt.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Les garde-robes pleins</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 13:15:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
		<category><![CDATA[Les âges de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CLAUDIA BEAULIEU &#160; Illustration: Anne-Christine Guy &#160; Elle a décidé de tout liquider vitesse grand V, comme pour se déjouer elle-même. Elle a commencé par donner les meubles à qui en avait besoin, le tracteur à pelouse à mon cousin, le congélateur du sous-sol à ma cousine. La grande balançoire face à face qui était [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3237" src="/wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu.jpg" alt="" width="1000" height="1000" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu.jpg 1000w, /wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Beaulieu-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></a></p>
<h2 style="text-align: right;">CLAUDIA BEAULIEU</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Elle a décidé de tout liquider vitesse grand V, comme pour se déjouer elle-même. Elle a commencé par donner les meubles à qui en avait besoin, le tracteur à pelouse à mon cousin, le congélateur du sous-sol à ma cousine. La grande balançoire face à face qui était sur la galerie est partie chez ma tante, avec son indispensable tente moustiquaire. Les outils, ainsi que quelques meubles plus vétustes, ont fini dans le camp de bois de mes oncles. Même après la distribution, la maison semblait encore pleine.</p>
<p>Grand-maman s&rsquo;est résignée à se prendre un loyer en ville, mais on ne sait pas trop ce que ça lui fait de devoir vendre son chez-soi, à part la fatiguer. La propriété de ma grand-mère, où elle a élevé ses enfants, a deux étages et un sous-sol qui sent drôle. Derrière, de beaux champs montent jusqu&rsquo;à la ligne d&rsquo;horizon. Des éoliennes ont poussé au loin dans les dernières années. En plus de la grande maison à vider, il y a sur le terrain un garage et un petit chalet remplis de <em>stock</em>. À côté du jardin, un petit cabanon de toile servait de serre et abritait une panoplie d&rsquo;instruments pour retourner, ratisser, strier la terre.<a href="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png"><img decoding="async" class="alignright wp-image-3196 size-medium" src="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-768x768.png 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-100x100.png 100w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>J&rsquo;ai hérité de ma grand-mère une certaine maladie de l&rsquo;accumulation. J&rsquo;ai le même réflexe de me dire que tout peut encore servir. Elle, elle a ses raisons. Elle a dû aller chercher du travail après le départ de mon grand-père. Dans les années 1980, sa maison était habitée de manière intermittente par ma mère et par mes six oncles et tantes devenus jeunes adultes, pendant que grand-maman était concierge dans un immeuble en ville. Elle ramassait ce que les locataires laissaient derrière eux : grille-pain, vaisselle, petits meubles, et ramenait le tout à la maison de Saint-Épiphane, parce qu&rsquo;effectivement, tout pouvait servir.</p>
<p>Il fallait nous voir, ma sœur, ma mère et moi, faire le tri dans les douze sacs à vidange pleins de linge dont on a hérité. Se passer les lainages tricotés à la main, les dentelles des jaquettes d&rsquo;une autre époque, les broderies sur les simples t-shirts de coton. Oscillant entre nostalgie et panique matérielle, j&rsquo;ai évité du regard les poches et les poches à aller porter à la friperie à la fin de notre examen. Cependant, je n&rsquo;ai pas pu m&#8217;empêcher de rapporter chez moi une partie du patrimoine de grand-maman. L&rsquo;angoisse m&rsquo;a prise au moment de corder tout cela dans mon quatre et demi.</p>
<p>Le temps qui passe est donc associé chez ma grand-mère comme chez moi aux garde-robes remplis jusqu&rsquo;au plafond, aux boîtes et aux bacs. Aux tablettes ajoutées dans les armoires, à plusieurs vêtements sur un même cintre. Les années défilent et les livres jaunis, les outils en tous genres et les cossins pour la cuisine s&rsquo;amoncellent. Pas d’emprise sur ce qui se retrouve chez soi, pas plus que sur le fil du temps. Et en plus d’accumuler des objets, lentement, jusqu’à l’ensevelissement, ceux-ci sont la preuve que les modes passent. Et que la vie passe aussi. Ce doit être pour cette raison que, malgré le fait que de nos jours un simple iPhone remplace la moitié de ce qui encombrait les maisons d&rsquo;autrefois (téléphone, bottin téléphonique, carnet d&rsquo;adresses, appareil-photo, album photo, calculatrice, tourne-disque, disques, magazines, dictionnaires, livres de recettes, accordeur à guitare, enregistreuse, <em>name it)</em>, ça m’a brisé le cœur de voir tous ces objets plus ou moins précieux, mais choisis, et classés, prendre le chemin de la Saint-Vincent-de-Paul sous une bruine glaciale d&rsquo;automne.</p>
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		<title>On est rendu là</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Marie-Michèle Rheault]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 May 2017 02:09:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[9 Le temps]]></category>
		<category><![CDATA[Les âges de la vie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>MARIE-ÈVE DUCHESNE &#160; Illustration: Anne-Christine Guy &#160; Le temps &#8230; Dès le départ, ce thème m&#8217;a attirée : un numéro de Françoise Stéréo sur le temps, ça ne peut pas être « plate » ! Mais une fois assise devant mon ordinateur, je me suis rendu compte que les angles étaient infinis. Le temps qui passe trop [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: right;"><a href="/wp-content/uploads/2017/05/Duchesne.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-3249" src="/wp-content/uploads/2017/05/Duchesne.jpg" alt="" width="2048" height="2048" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Duchesne.jpg 2048w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-150x150.jpg 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-300x300.jpg 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-768x768.jpg 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-1024x1024.jpg 1024w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-250x250.jpg 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Duchesne-100x100.jpg 100w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></a></h2>
<h2 style="text-align: right;">MARIE-ÈVE DUCHESNE</h2>
<p>&nbsp;</p>
<p>Illustration: Anne-Christine Guy</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Le temps &#8230; Dès le départ, ce thème m&rsquo;a attirée : un numéro de <em>Françoise Stéréo</em> sur le temps, ça ne peut pas être « plate » ! Mais une fois assise devant mon ordinateur, je me suis rendu compte que les angles étaient infinis. Le temps qui passe trop vite, la double/triple tâche assumée par les femmes à chaque tic-tac de l&rsquo;horloge, le temps des Fêtes et son ramassis de commentaires dont on se passerait, le rythme fou qui nous pousse à revendiquer la conciliation travail/famille/étude/militance/vie&#8230;</p>
<p>Pourtant, rien ne me parlait. Vide total. Jusqu&rsquo;au 4 octobre.</p>
<p>Le 4 octobre dernier, on commémorait le décès de ma grand-mère Rose. Un an, déjà. Tout à coup, j&rsquo;ai eu envie de raconter le dernier moment passé avec elle, juste avant la fin de sa vie. Une sorte d&rsquo;hommage à une grande dame pour ne pas oublier. Possiblement une démarche bien personnelle aussi. Parce que le temps, c&rsquo;est aussi celui qui s&rsquo;arrête.</p>
<p style="text-align: center;">*********</p>
<p>26 septembre 2015. Le temps s&rsquo;arrête, le temps d&rsquo;un appel de mon père. Sa voix. Rose ne va pas bien. Pas bien du tout. Le temps d&rsquo;un silence. Lui qui me demande si ça va. Moi qui retiens tout le chagrin du monde.</p>
<p>Oui, ça va aller.</p>
<p>27 septembre 2015. J&rsquo;entre dans la chambre des soins palliatifs. Y&rsquo;a deux chaises berçantes dans un coin. Le temps d&rsquo;une image dans ma tête bien gravée. C&rsquo;est fou comment des détails aussi anodins peuvent nous marquer pour longtemps.</p>
<p>Elle. Dans son lit. Entourée de personnes importantes dans sa vie. Ses yeux. Le temps d&rsquo;un instant. Puis, sa phrase pour moi : « Tiens Marie-Ève », lance-t-elle. Nos mains qui ont envie de se raconter plein de choses. Pas le temps. « On est rendu là&#8230;  » Oui, Rose. On est rendu là. Le temps des adieux. D&rsquo;un regard intense.<a href="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1.png"><img decoding="async" class="alignright wp-image-3297 size-medium" src="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-300x300.png" alt="" width="300" height="300" srcset="/wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-300x300.png 300w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-150x150.png 150w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-768x768.png 768w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-250x250.png 250w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1-100x100.png 100w, /wp-content/uploads/2017/05/Vignette-ages-1.png 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Les jours qui se suivent ne seront qu&rsquo;une succession de moments, de temps, d&rsquo;horaire, d&rsquo;actions posées, de chaises berçantes sur fond de chambre orange/brune/beige. Comme si chaque seconde faisait un bruit en s&rsquo;écoulant. Le temps qui passe, le temps qui fuit, le temps qu&rsquo;on essaie de retenir. Rose s&rsquo;en va chaque jour un peu plus.</p>
<p>4 octobre 2015 &#8211; avant-midi. Une dernière visite avant mon retour à Québec. Rose ne parle plus, dort presque la totalité du temps. Sauf lors de cette dernière visite. Rose s&rsquo;agite, gémit beaucoup, elle souffre. Du moins, c&rsquo;est ce que j&rsquo;interprète. Les médicaments ne la soulagent pas. Elle tremble. Ma tante et moi, on se relaie pour tenter de l&rsquo;apaiser. On lui parle, on essaie de la rassurer. Mon tour vient. Ses yeux dans les miens, intenses. L&rsquo;espace d&rsquo;un instant, j&rsquo;ai cette impression de saisir ce qu&rsquo;elle me dit. Cette phrase dite pour moi quelques jours plus tôt. Oui, je sais grand-maman. On est rendu là.</p>
<p>Après peut-être 30 minutes qui vont sembler nous durer une éternité, Rose finit par s&rsquo;endormir.</p>
<p>Rose s&rsquo;éteindra le soir même. Mon père à ses côtés.</p>
<p style="text-align: center;">*********</p>
<p>Au moment d&rsquo;écrire ces lignes, je ne sais toujours pas si l&rsquo;angle choisi est pertinent : pas assez féministe, pas assez militant, trop personnel, trop larmoyant. Dans ce cadre-là, peut-être que sortir du texte plus habituel pour moi est un genre de gros fuck aux « normes militantes » qui nous compliquent la vie parfois ? Je douterai bien jusqu&rsquo;à la fin.</p>
<p>N&#8217;empêche, j&rsquo;aurai pris le temps pour une fois, de raconter la fin de vie de ma grand-mère. Parler de la mort, du temps qui s&rsquo;arrête n&rsquo;est certes pas le sujet le plus radical et ne pousse peut-être pas la réflexion à son apogée. Mais j&rsquo;espère qu&rsquo;il vous amènera, un tant soit peu, le désir de prendre le temps pour certains souvenirs. Parce qu&rsquo;avant que tout soit fini, il y a des êtres aimé-e-s, des moments, des histoires de vies.</p>
<p>Comme moi, avec Rose, un jardin, un gâteau au fromage et une partie de cartes.</p>
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