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	<title>Catherine Voyer-Léger Archives - FRANCOISE STEREO</title>
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		<title>Nos privilèges</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Catherine Lefrançois]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jun 2014 20:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[1 Sans thème]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Voyer-Léger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CATHERINE VOYER-LÉGER &#160; Si le féminisme a un présent et un avenir, c&#8217;est surtout parce que la relation de pouvoir, comme force de structuration du lien social, a les abdos solides et que rien ne semble jamais en mesure de le mettre K.O. Comme d’autres relations de pouvoir fondamentales, le patriarcat se reproduit et se [&#8230;]</p>
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<p>CATHERINE VOYER-LÉGER</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si le féminisme a un présent et un avenir, c&rsquo;est surtout parce que la relation de pouvoir, comme force de structuration du lien social, a les abdos solides et que rien ne semble jamais en mesure de le mettre K.O. Comme d’autres relations de pouvoir fondamentales, le patriarcat se reproduit et se réinvente en intégrant l&rsquo;écume la plus digeste de ses contestations, et poursuit son chemin.</p>
<p>L&rsquo;oppression persiste donc, protéiforme. Et le danger de tenter de l&#8217;embrasser d&rsquo;un seul regard, c&rsquo;est de donner l&rsquo;impression que toutes ces manifestations auraient la même importance. Peut-on traiter dans le même souffle de la culture du viol en Inde et de l&rsquo;image des femmes dans la littérature québécoise? Peut-on embrasser dans la même problématique le sort de ces femmes autochtones qui disparaissent sans que nos institutions semblent particulièrement s&rsquo;en inquiéter et nos préoccupations par rapport à l&rsquo;image uniformisée d&rsquo;une féminité dont le siège semble toujours être un corps domestiqué?</p>
<p>Toute chose n&rsquo;étant pas égale par ailleurs, il m&rsquo;apparaît pourtant qu&rsquo;elles relèvent toutes d&rsquo;une même dynamique. Toujours obsédée par les spirales, il me semble que cette forme n&rsquo;est pas inintéressante pour comprendre l’impact du patriarcat à divers niveaux. Au cœur, tout près du séisme, des femmes meurent et sont violentées. En s&rsquo;éloignant du foyer, on serait porté à croire que ça s&rsquo;adoucit: on parle de conditions économiques, et puis encore plus loin d&rsquo;image, de symbole, de féminisation de la langue ou d&rsquo;un essentialisme qui enferme les uns et les autres dans des rôles qui découleraient de leur nature sexuelle binaire. Moins frontale, la structure est pourtant toujours la même: la sclérose d&rsquo;un pouvoir qui fixe les identités et détermine que c&rsquo;est dans le masculin que siège le préférable (plus fort, plus raisonnable, plus intelligent, plus rationnel, plus universel, etc.).</p>
<p>Et la spirale, tautologique, se referme sur elle-même: la place omniprésente des hommes partout depuis toujours étant donnée comme preuve qu&rsquo;il y a quelque chose de normal à ce que les hommes soient en position de pouvoir. Et c&rsquo;est exactement quand on tente de construire ces certitudes qu&rsquo;on se frotte à ce qui m&rsquo;apparaît comme le cœur du problème, soit le besoin de gens nombreux parmi nous d&rsquo;envisager l&rsquo;identité (quelle soit culturelle ou sexuelle, d&rsquo;ailleurs) comme le socle solide sur lequel on pourrait construire le reste.</p>
<p>L&rsquo;oppression, peu importe sa virulence, vient toujours d&rsquo;un refus d&rsquo;admettre que l’identité est relationnelle et que toute relation entre les humains est faite par des humains et peut donc être défaite. Qu&rsquo;est-ce qui nous retient alors de déconstruire toutes celles qui font du tort?</p>
<p>Nos privilèges?</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La réponse semble peut-être trop simple. Au contraire, peut-être y a-t-il dans ces deux mots toute une complexité qui devient le frein de nos meilleures intentions.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nos privilèges.</p>
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